Entre le département le plus cher et le moins cher de France métropolitaine, le litre de gazole affiche 12,7 centimes d'écart en moyenne depuis le début de l'année 2026 : 2,145 €/L à Paris contre 2,018 €/L dans le Territoire de Belfort, soit 6,35 € de différence sur un plein de 50 litres. L'analyse des prix de 10 043 stations-service montre que ces écarts s'expliquent d'abord par la composition du réseau : plus la grande distribution est présente dans un département, plus les prix y sont bas.
Les départements les plus chers en 2026
Sur la période du 1er janvier au 25 septembre 2026, le prix moyen des stations étudiées s'établit à 2,056 €/L pour le gazole et à 1,937 €/L pour le SP95-E10. Dix départements dépassent nettement cette moyenne sur le gazole.
| Rang | Département | Gazole (€/L) | SP95-E10 (€/L) |
|---|---|---|---|
| 1 | Paris (75) | 2,145 | 1,980 |
| 2 | Haute-Corse (2B) | 2,102 | n.s. |
| 3 | Hauts-de-Seine (92) | 2,100 | 1,973 |
| 4 | Savoie (73) | 2,098 | 1,979 |
| 4 | Alpes-Maritimes (06) | 2,098 | 1,969 |
| 6 | Corse-du-Sud (2A) | 2,096 | n.s. |
| 7 | Nièvre (58) | 2,092 | 1,958 |
| 7 | Val-de-Marne (94) | 2,092 | 1,969 |
| 9 | Alpes-de-Haute-Provence (04) | 2,090 | 1,956 |
| 10 | Lozère (48) | 2,087 | 1,978 |
Ce classement réunit trois profils très différents : Paris et sa petite couronne, la Corse, et un ensemble de départements alpins ou ruraux (Savoie, Alpes-Maritimes, Nièvre, Alpes-de-Haute-Provence, Lozère). Le SP95-E10 n'est pas classé pour la Corse, où ce carburant est quasiment absent du réseau.
Les départements les moins chers en 2026
| Rang | Département | Gazole (€/L) | SP95-E10 (€/L) |
|---|---|---|---|
| 1 | Territoire de Belfort (90) | 2,018 | 1,883 |
| 2 | Loire-Atlantique (44) | 2,025 | 1,905 |
| 3 | Finistère (29) | 2,026 | 1,908 |
| 4 | Nord (59) | 2,029 | 1,914 |
| 5 | Côtes-d'Armor (22) | 2,031 | 1,908 |
| 6 | Ille-et-Vilaine (35) | 2,033 | 1,910 |
| 6 | Oise (60) | 2,033 | 1,914 |
| 6 | Mayenne (53) | 2,033 | 1,915 |
| 9 | Jura (39) | 2,034 | 1,916 |
| 10 | Pyrénées-Atlantiques (64) | 2,037 | 1,919 |
| 10 | Seine-Maritime (76) | 2,037 | 1,926 |
Le Grand Ouest domine ce classement : trois départements bretons et deux des Pays de la Loire y figurent. Les quatre départements bretons (Côtes-d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan) affichent ensemble un gazole moyen à 2,034 €/L, soit 2,2 centimes sous la moyenne des stations étudiées. Le Territoire de Belfort, en tête, compte seulement 20 stations dans l'étude, ce qui rend sa moyenne plus sensible aux prix de quelques établissements.
Premier facteur : le poids de la grande distribution
Parmi les caractéristiques testées, la part de stations de grande distribution (Leclerc, Intermarché, Carrefour, Système U, Auchan…) est celle qui est la plus liée au niveau des prix départementaux. En classant les 96 départements en quatre groupes selon cette part, l'écart est régulier :
| Part de grande distribution | Départements | Gazole (€/L) | SP95-E10 (€/L) |
|---|---|---|---|
| 0 % à 42,2 % | 25 | 2,070 | 1,949 |
| 42,5 % à 49,2 % | 23 | 2,059 | 1,942 |
| 49,3 % à 56,3 % | 24 | 2,051 | 1,934 |
| 56,8 % à 71,0 % | 24 | 2,044 | 1,924 |
Entre le quart des départements les moins équipés en stations de supermarché et le quart le plus équipé, l'écart atteint 2,6 c€/L sur le gazole et 2,5 c€/L sur le SP95-E10. Le Finistère illustre ce lien : avec 71 % de stations de grande distribution, la part la plus élevée de France, il se classe au 3e rang des départements les moins chers. Ce résultat rejoint celui de notre étude des prix des carburants en France sur 2025, qui relevait des prix inférieurs de 5,8 c€/L à la moyenne nationale dans les stations de la grande distribution.
Paris et la petite couronne : un réseau dominé par les pétroliers
À Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, les groupes pétroliers exploitent 82,2 % des stations, contre seulement 13,3 % pour la grande distribution. Total y représente à lui seul 40,4 % du réseau, et même 53,2 % à Paris. Ces quatre départements affichent un gazole moyen à 2,097 €/L.
Le contraste est net avec la grande couronne (Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Val-d'Oise), où la grande distribution représente 38,4 % des stations : le gazole y revient en moyenne à 2,047 €/L, soit 5 centimes de moins qu'en petite couronne, à quelques kilomètres de distance. L'Essonne (2,040 €/L) se classe même parmi les vingt départements les moins chers.
La Corse : aucune station de grande distribution
En Haute-Corse comme en Corse-du-Sud, l'étude ne recense aucune station de grande distribution. Le réseau se partage entre groupes pétroliers (77,9 % en Haute-Corse, 74,6 % en Corse-du-Sud) et indépendants. Les deux départements corses se classent aux 2e et 6e rangs des plus chers sur le gazole, alors que l'île bénéficie d'un taux de TVA réduit de 13 % sur les carburants, contre 20 % sur le continent.
Les départements ruraux : un réseau clairsemé
La grande distribution n'explique pas tout. La Nièvre compte 58,3 % de stations de supermarché, bien au-dessus de la moyenne, et figure pourtant au 7e rang des départements les plus chers. Point commun de la Nièvre, de la Lozère, de la Creuse ou du Cantal : un réseau très étendu pour peu de stations, avec plus de 100 km² de territoire par station (167,8 km² dans la Creuse).
En isolant les 33 départements dont au moins 60 % des stations sont situées en commune rurale, on observe que ceux où le réseau est le plus clairsemé (de 86 à 168 km² par station) affichent un gazole moyen à 2,067 €/L, contre 2,055 €/L pour ceux au réseau plus serré (35 à 84 km² par station). La part de grande distribution est pourtant comparable dans les deux groupes (48,0 % et 50,2 %). À proportion égale de supermarchés, un réseau moins dense coïncide donc avec des prix plus élevés d'environ 1,2 c€/L. Ce phénomène prolonge celui décrit dans notre article sur les communes sans station-service.
Ce qui pèse peu : autoroutes et présence de Total
La part de stations d'autoroute reste faible dans tous les départements (14,5 % au maximum, en Haute-Marne). Hors Paris, petite couronne et Corse, les départements où elle dépasse 6 % affichent un gazole moyen à 2,058 €/L, contre 2,049 €/L là où elle ne dépasse pas 2 %, soit un écart inférieur à 1 centime.
La présence de Total n'est pas non plus déterminante à elle seule. En dehors de Paris, de la petite couronne et de la Corse, les départements où Total représente au moins 19,7 % des stations affichent un gazole moyen à 2,052 €/L, contre 2,058 €/L là où sa part est plus faible.
Ce qu'il faut retenir
- Un plein coûte jusqu'à 6,35 € de plus selon le département. C'est l'écart moyen, sur 50 litres de gazole, entre Paris et le Territoire de Belfort depuis janvier 2026.
- En petite couronne, la grande couronne est souvent moins chère. L'écart moyen de 5 c€/L représente 2,50 € sur un plein de 50 litres.
- Dans un département peu équipé en supermarchés, ciblez leurs stations. Le lien entre grande distribution et prix bas se vérifie à l'échelle des départements comme à celle des enseignes.
- En zone rurale, anticipez le plein. Là où le réseau est clairsemé, les prix sont plus élevés et les stations plus éloignées les unes des autres.
Pour consulter le prix moyen actuel de votre département et ses stations les moins chères, rendez-vous sur notre carte des prix des carburants par département.
Méthode et limites
Les prix présentés sont des moyennes calculées en deux temps : d'abord la moyenne des prix quotidiens de chaque station entre le 1er janvier et le 25 septembre 2026, puis la moyenne des stations de chaque département. L'étude porte sur 10 043 stations de France métropolitaine ayant déclaré au moins un prix de gazole ou de SP95-E10 sur la période. Seules les stations délivrant plus de 5 000 m³ par an sont tenues de déclarer leurs prix, ce qui exclut les stations à faible volume de ventes.
Les liens décrits ici sont des corrélations observées entre départements : ils ne mesurent pas l'effet propre de chaque facteur, qui se combinent souvent. Le classement des enseignes repose sur une typologie en trois groupes (grande distribution, groupes pétroliers, indépendants), et une commune est considérée comme rurale selon la grille de densité de l'Insee.