À partir de plusieurs millions de relevés individuels de prix collectés entre juillet et décembre 2025, la présente étude analyse les trajectoires tarifaires observées sur le marché français des carburants au cours de l’année 2025. Elle explore l’évolution des prix et met en évidence les amplitudes relatives entre les différents types de carburants.
L’étude examine les variations de prix par enseigne (grande distribution, groupes pétroliers et indépendants), les écarts tarifaires entre ces réseaux et leur répartition géographique et structurelle. En s’appuyant sur un ensemble de données couvrant plus d’un million de changements de prix enregistrés dans près de 10.000 stations-service en France métropolitaine, couvrant l’ensemble du parc (grande distribution, groupes pétroliers, indépendants et autres).
Elle met en évidence les mécanismes d’ajustement des prix des carburants par les différents acteurs en France. Les prix évoluent en moyenne une fois par semaine, sont plus fréquemment révisés entre le mardi et le vendredi.
Les données collectées, mesurent les prix moyens annuels (en €/L), les écarts inter-enseignes (en c€/L), les amplitudes de variation et les fréquences d’ajustement, agrégées par carburant (SP95-E10, gazole, GPL-c, E85) et par type de réseau.
L’étude identifie les configurations tarifaires dominantes et les mécanismes d’ajustement (hausse/journée, prix coûtant, cycles horaires et jours forts) qui ont marqué l’année 2025. Elle met également en lumière l’influence relative de la grande distribution par rapport aux opérateurs pétroliers et révèle des pratiques, telles que des ajustements matin-soir ou des périodes d’opérations « prix coûtant », qui ont façonné le paysage tarifaire et orienté le comportement des consommateurs durant l’année 2025.
Enfin, l’étude ne capture pas les facteurs externes comme les fluctuations du baril de Brent, le cours de l’Euro par rapport au dollar, les ajustements fiscaux ou le contexte géopolitique, qui influencent les tendances de fond.
Résultats clés et implications
L’année a été marquée par une tendance baissière globale (variation moyenne des changements de prix est de −0,12 c€ par modification), avec des prix records bas fin décembre grâce aux opérations « prix coûtant ».
Voici les enseignements majeurs :
- Prix moyen annuel E10 à 1,716 € et Gazole à 1,650 €.
- Grande distribution en tête des stations les moins chères : 47% des stations, avec des prix de -5,8 c€/L sous la moyenne nationale (SP95-E10: 1,658 €/L ; gazole: 1,593 €/L). Intermarché et Leclerc dominent les prix bas.
- Groupes pétroliers plus chers : surcoût moyen de 4 c€/L, Shell en tête avec +23 c€/L par rapport à la moyenne nationale.
- Stratégies dynamiques : 1,5 millions changements de prix sur l’année 2025 ; une moyenne d’un changement par semaine et par station, pratiques marginales comme hausse matin/baisse soir (moins de 8% des stations)
- 8 opérations prix coûtant générant des dizaines de milliers de baisses.
- Sur la sélection de marques suivies, la marque la moins chère pour le Gazole est Costco à 1,573 €, contre Shell à 1,883 € pour la plus chère, soit un écart d’environ 31 c€ sur l’année. Même tendance pour le E10.
Ces dynamiques soulignent l’influence croissante de la grande distribution sur les prix nationaux, au bénéfice des consommateurs, mais aussi la volatilité induite par les compétitions tarifaires.
Evolution des prix des carburants en 2025
Les prix du carburant en France ont connu une baisse significative sur l’année (6% pour le E10, 6,58% pour le Gazole). La baisse était continue de janvier à mai. Le mois de juin a marqué une légère hausse, suivie d’une nouvelle baisse en juillet, avant un rebond en août et septembre due principalement à l’augmentation de l’accise sur le gazole et l’essence et la suppression des modulations régionale, à compter du 1er août 2025, conformément à l'article 20 de la loi de finances 2025. Après un repli en octobre, les prix ont fortement progressé en novembre (+3.8 %), puis chuté en fin d’année. Ce schéma est globalement identique pour l’ensemble des carburants, avec des amplitudes plus marquées pour le gazole (-14.89%).
Concernant le GPL-c, son prix a baissé de manière continue du 1er janvier au 31 décembre 2025, perdant 4,22% par rapport à son niveau de début d’année (1,017 €/L).
Le superéthanol E85 suit une tendance similaire jusqu’en octobre, avec une baisse de 1,87%, avant une hausse en novembre et une stabilisation en décembre.
Ces évolutions sont observées quel que soit le type d’enseigne (grande distribution, groupes pétroliers ou indépendants).
Le détail par caburant est disponible ici : https://prix-carburant.eu/fichiers/bilan-prix-2025/
Prix moyens des carburants en 2025 : une année en zigzag baissier
Le SP95-E10 a été vendu en moyenne à 1,716 €/L en 2025.
- Prix le plus bas : 1,589 €/L le 19/12, lors de la dernière opération « prix coûtant »
- Prix le plus élevé : 1,814 €/L le 19/01
Pour le Gazole, le prix moyen annuel s’est établi à 1,650 €/L.
- Prix le plus bas : 1,522 €/L le 18/04
- Prix le plus élevé : 1,776 €/L le 19/01
Pour le E85, le prix moyen annuel s’est établi à 0,766 €/L.
- Prix le plus bas : 0,713 €/L le 17/10
- Prix le plus élevé : 0,819 €/L le 01/01
Pour le GPLc, le prix moyen annuel s’est établi à 0,993 €/L.
- Prix le plus bas : 0,962 €/L le 22/11
- Prix le plus élevé : 1,037 €/L le 23/03
Pour le SP95, le prix moyen annuel s’est établi à 1,726 €/L.
- Prix le plus bas : 1,608 €/L le 19/12
- Prix le plus élevé : 1,827 €/L le 21/01
Pour le SP98, le prix moyen annuel s’est établi à 1,820 €/L.
- Prix le plus bas : 1,693 €/L le 19/12
- Prix le plus élevé : 1,919 €/L le 19/01
La grande distribution imprime sa marque
Écarts de prix selon le type d’enseigne
L’analyse des prix sur l’année 2025 montre que chaque type d’enseigne conserve son positionnement tarifaire, et que les écarts entre structures restent relativement stables.
- L’écart entre la grande distribution et les groupes pétroliers est en moyenne de 7 c€/L.
- L’écart entre la grande distribution et les indépendants est plus modéré, oscillant entre 2,4 et 1,6 c€/L, toujours à l’avantage de la grande distribution.
- Les groupes pétroliers restent plus chers que les indépendants d’environ 5 c€/L.
Rôle de la grande distribution
La grande distribution, qui représente près de la moitié des stations-services, a vendu en moyenne le SP95-E10 à 1,658 €/L, soit 5,8 c€/L de moins que la moyenne nationale. Pour le gazole, le prix moyen était de 1,593 €/L, soit 5,7 c€/L sous la moyenne nationale.
Avec son réseau d’environ 1 200 stations, Intermarché a été l’enseigne ayant le plus fortement influencé la moyenne nationale, avec des prix inférieurs de 5,6 c€/L pour le gazole comme pour le E10. E.Leclerc arrive en tête en termes de baisses de prix avec -6,8 c€/L sur le E10 et le gazole. Bien que son impact national reste limité, la nouvelle enseigne Costco s’est distinguée comme la station la moins chère de France, avec des prix moyens inférieurs de 8,6 c€/L à la moyenne nationale.
Positionnement des groupes pétroliers
Parmi les groupes pétroliers, Esso est resté proche de la moyenne nationale, avec seulement +0,6 c€/L sur le gazole et le E10.TotalEnergies suit avec un surcoût d’environ +2 c€/L sur les deux carburants les plus vendus en France.
Les enseignes pétrolières les plus chères restent :
- Shell : +26,8 c€/L par rapport à la moyenne nationale
- Agip : +10,5 c€/L
- Avia : +10,4 c€/L
Sur l’ensemble de l’année, les groupes pétroliers ont vendu le SP95-E10 en moyenne 3,8 c€/L au-dessus de la moyenne nationale, soit 1,755 €/L, et le gazole avec un surcoût d’environ 4,2 c€/L, pour un prix moyen de 1,692 €/L.
Amplitude des variations : stabilité relative
La variation moyenne des prix sur l’année s’établit à –0,12 c€, ce qui confirme la tendance baissière des prix des carburants en 2025. L’amplitude moyenne des changements de prix est de 1,75 centime d’euro. Sur toute l’année 2025, 50% des variations sont inférieures à 1 centime, et 90% restent en dessous de 4 centimes. Seules 10% des variations dépassent ce seuil.
Pétrolier : moyenne à -0,07 c€/L, amplitude moyenne 1,22 c€/L avec 90% des changements à moins de 2 centimes.
Grande distribution : moyenne -0,18 c€/L, amplitude moyenne 2,35 c€/L et 90% moins de 9 centimes.
Indépendants : moyenne -0,16 c€/L, amplitude moyenne 1,96 et 90% moins de 4,4 centimes.
Le détail des chiffres disponible ici : https://prix-carburant.eu/fichiers/bilan-prix-2025/
Les stratégies tarifaires des marques
Chaque marque adopte sa propre stratégie tarifaire : périodes de baisse ou de hausse, horaires privilégiés pour ajuster les prix des carburants, ainsi que jours de la semaine propices à ces changements.
L’analyse de 1.511.528 changements de prix (de juillet à décembre 2025) nous a permis d’identifier des schémas distincts par groupe de stations. Ce volume de changement conduit à une moyenne de 35 changements de prix par an et par station, soit environ 3 changements par mois et par carburant. En moyenne les stations changement une fois par semaine leur prix, et deux fois pour Total et Leclecr.
Contrairement à nos voisins allemands (cf. étude de l’ADAC), les variations de prix en France restent très limitées en fréquence. D’après nos données, seules deux stations (sur les 10 000) ont modifié leurs prix six fois au cours d’une même journée :
- la station Intermarché 13626002, qui a ajusté ses tarifs à six reprises durant l’opération prix coûtant de décembre ;
- la station Leclerc 13300005, qui a présenté un comportement similaire sur le Gazole.
Le nombre de stations monte à 127 lorsque l’on considère celles ayant modifié leurs prix quatre fois sur une même journée. Il atteint 585 stations, soit 5% du parc, pour au moins une journée avec trois changements de prix, et culmine à 4 567 stations, soit 45% des stations-service, pour deux changements sur une même journée (au moins une fois entre juillet et décembre 2025).
Le top 3 des réseaux en nombre de stations ayant pratiqué deux changements de prix dans une journée est dominé par :
- Total : 1 203 stations, soit environ 50% de son réseau ;
- Intermarché : 671 stations, soit près de la moitié de son réseau.
- Leclerc : 610 stations, représentant la quasi-totalité de ses stations-service ;
Augmenter le prix le matin pour le baisser le soir
En 2025, 632 stations-service ont, au moins une fois, augmenté le prix du SP95-E10 le matin (avant 13 h), avant de le baisser sur le même carburant l’après-midi ou tard le soir. Le Top 3 des enseignes concernées est dominé par Leclerc (156 changements), Total (78) et Esso (135), suivies dans cet ordre par les Carrefour, indépendants, Intermarché et Système U.
Pour le Gazole, la même tendance est observée, avec 817 stations ayant adopté ce comportement, dont 196 stations Leclerc, 147 Total et 130 stations Esso.
Cependant, le nombre de stations concernées demeure marginal, représentant moins de 8% du parc total. De plus, cette stratégie reste ponctuelle et ne s’inscrit généralement pas dans un schéma récurrent. À titre d’exemple, la station E.Leclerc de Ferney-Voltaire n’a appliqué ce mécanisme qu’une seule fois en 2025, le 28 août :
- augmentation du prix du Gazole à 10 h 08, passant de 1,535 € à 1,555 € (+2 centimes);
- baisse à 23 h 59, de 1,555 € à 1,508 €, soit une diminution de 4,7 centimes.
Mais certaines stations semblent avoir institutionnalisé cette pratique. C’est notamment le cas de la station ENI de Trementines, qui a appliqué ce mécanisme de hausse/baisse durant 180 jours, entre juillet et décembre 2025. La station augmentait systématiquement ses prix d’environ 8 centimes le matin vers 8 h, avant de les réduire du même montant aux alentours de 20 h.
Ce comportement a également été observé dans quatre autres stations ENI en France, sur un réseau total de 76 stations. Des pratiques similaires ont aussi été relevées à la station Agip d’Ussy-sur-Marne, ainsi que dans les stations Esso de La Maxe, BP d’Ussy-sur-Marne et Shell de Les Salles avec des augmentations des prix le matin et une baisse le soir du même montant tous les jours depuis le 1er juillet 2025.
Les heures du changement des prix
Dans une vision nationale, c’est à minuit où les modifications s’opèrent, puis à 22h pour les hausses et minuit, 6h, 8h et 9h pour les baisses.
Ces tendances sont biaisées par le nombre important des stations Total (20% des stations déclarantes). Les données nous montrent qu’à minuit 79% des hausses sont du fait de Total, suivi, des indépendants avec 7.7% seulement. Une analyse par groupement de marque est donc plus pertinente.
Groupes pétroliers
Les hausses sont concentrées à minuit et 22h, avec un pique le mardi à minuit.
Pour les baisses c’est à minuit et 6h ou le nombre est le plus important avec un pic à 31 917 hausses les mercredis à minuit.
Grande distribution
Les changements à la baisse se concentrent principalement entre 8 h et 9 h du matin. Ils se prolongent jusqu’à 10 h, avec une intensité moindre, et atteignent un pic de 23 968 baisses le vendredi.
Cette tendance est partagée par les grandes marques de la distribution – Leclerc, Intermarché, Carrefour et Système U – avec toutefois des différences notables. Leclerc et Carrefour présentent une activité plus soutenue de hausses et de baisses autour de minuit, tandis que cette activité est quasi nulle à cet horaire pour les autres enseignes de la grande distribution.
Certains distributeurs, comme Cora, concentrent leurs modifications entre 10 h et 11 h, un comportement qui reste marginal au regard de la politique générale observée chez les autres marques.
Pour les hausses c’est à 8h et 9h ou le nombre est le plus important avec un pic à 13 310 hausses les lundis à 9h.
Les indépendants
Les changements en baisses sont les plus nombreux à minuit, puis 6h et entre 8h et 10h du matin. Le pic est enregistré les vendredis à 8h.
Les hausses des stations indépendantes s’opèrent principalement à minuit et à 22 h. Une activité haussière est également observée entre 8h et 10h avec un pic de 2035 hausses le vendredi à minuit.
Les jours les plus dynamiques
Au niveau national, le vendredi est la journée la plus dynamique en matière de baisses, correspondant le plus souvent au lancement des opérations « prix coûtant ».
Pour les hausses, le rythme est relativement similaire du mardi au jeudi, avec une activité ralentie le samedi et environ quatre fois moindre le dimanche.
Ces tendances sont partagées par l’ensemble des marques, à l’exception des baisses observées le vendredi, qui concernent principalement les stations indépendantes et la grande distribution. Les augmentations du lundi sont également plus nombreuses pour ces deux catégories. Ce schéma est compatible avec l’hypothèse d’un rattrapage post-opération, sans que les données permettent d’en mesurer précisément l’ampleur ni l’intentionnalité.
Groupes pétroliers
L’analyse détaillée des groupes pétroliers montre que Total effectue très peu de changements le dimanche et reste également peu actif le lundi. Ce comportement est similaire chez Avia, Elan et Dyneff. À l’inverse, BP opère de nombreux changements tout au long de la semaine, avec toutefois une légère baisse d’activité le week-end.
Grande distribution
La courbe nationale de la grande distribution épouse étroitement celle de Leclerc, Système U et Intermarché, qui semblent alignés sur une même stratégie. Carrefour se distingue par une approche plus équilibrée sur l’ensemble des jours de la semaine, sans pic marqué le vendredi et avec des baisses plus nombreuses le dimanche.
Indépendants
Le détail des chiffres et graphiques sont disponibles ici : https://prix-carburant.eu/fichiers/marques-2025/
Opérations « prix coûtant » : 8 chocs baissiers
L’année 2025 a été marquée par une succession d’opérations “prix coûtant”, avec huit opérations recensées sur l’année. Celles-ci sont le plus souvent lancées à la veille des grands départs en vacances, notamment par Leclerc ou Intermarché.
Les données montrent une concomitance temporelle entre le lancement des opérations par une grande enseigne de distribution et l’augmentation des baisses chez les concurrents, sans permettre d’établir formellement un lien de causalité.
Le nombre de baisse pendant, voire avant, la date officielle de l’opération, est souvent très supérieur à la période “avant”. Cet effet est particulièrement spectaculaire lorsque le marché est orienté à la hausse avant l’opération (cas du 05–06 septembre).
Aussi, l’amplitude des baisses augmente nettement pendant l’opération, avec des pics en fin d’année (19–20 décembre) où certaines enseignes dépassent les -10 c€/L en moyenne, ce qui correspond à des gains perceptibles sur un plein.
Les chiffres montrent que même lorsque l’opération est portée par un distributeur (ou deux), l’analyse par marque montre une réaction rapide des concurrents (Système U, Intermarché, Carrefour ou indépendants selon les dates), et une participation plus variable des pétroliers, souvent avec des baisses moyennes plus faibles (cas récurrent de TotalEnergies).
A la fin des opérations, le “rattrapage” n’est pas systématique. Il est généralement faible en été (effet qui “tient”), mais plus visible en décembre, où le marché réinjecte davantage de hausses juste après l’opération. Un pic de stations en rupture de stock est souvent observé à cette période : 392 stations à sec le 7 juillet, 316 le 17 août et 187 le 21 décembre.
La première opération de notre période d’analyse s’est déroulée du 4 au 5 juillet. Sur cette séquence, nous avons observé près de 15 000 baisses de prix pendant l’opération, auxquelles s’ajoutent 11 185 baisses supplémentaires sur les deux jours précédant l’opération “prix coûtant”. À l’inverse, les hausses enregistrées entre le 4 et le 5 juillet sont restées limitées, avec 4 331 hausses seulement.
La couverture de l’opération – définie comme le nombre de stations participantes rapporté au nombre total de stations de la marque – a atteint 100% pour plusieurs enseignes : Leclerc, Netto, Match, Dyneff et DATS 24. Elle frôle également les 100% pour Système U, pourtant peu communicant sur ce type d’opération, avec 98,9% de participation, et 97% pour Intermarché.
De leur côté, TotalEnergies a participé à hauteur de 50% de ses stations, tandis qu’Eni n’a mobilisé que 47% de son réseau.
En termes de prix, la baisse moyenne nationale s’est établie à -3,24 c€/L tout carburant confondu.
Le SP95-E10 s’est vendu en moyenne à 1,669 €/L (-2,13 c€), le Gazole à 1,626 €/L (-1,50 c€) et le GPL-c à 0,987 €/L (-0,25 c€).
La grande distribution est le segment ayant le plus contribué à la baisse, avec un recul moyen de -3,57 c€ sur le E10 et de -2,79 c€ sur le Gazole.
À l’inverse, les groupes pétroliers ont légèrement augmenté le prix du Gazole de 0,15 c€, tout en baissant le E10 de 0,28 c€. De leur côté, les réseaux indépendants ont appliqué une baisse de -2,01 c€ sur le E10 et de -1,39 c€ sur le Gazole.
Il est à noter que les stations autoroutières des indépendants et des groupes pétroliers ont maintenu des prix globalement stables pendant l’opération, contrairement aux 37 stations autoroutières de la grande distribution, qui ont effectivement participé à l’opération prix coûtant.
Le groupe Les Mousquetaires (Intermarché, Ecomarché et Netto) arrive en tête du classement, avec une diminution moyenne de 7,88 c€/L (tout carburant confondu), et 7,55 c€/L pour Intermarché. Leclerc se positionne en 8ᵉ place en termes de baisse moyenne, derrière les indépendants, avec une réduction de 4,6 c€/L.
La marque Elan, filiale agricole de TotalEnergies, a participé à hauteur de 90 % de ses stations, avec une baisse moyenne de 4,58 c€/L (tout carburant confondu), un niveau comparable à celui de Leclerc.
À l’inverse, TotalEnergies est l’enseigne ayant le moins réduit ses prix, avec une baisse moyenne de seulement 0,73 c€/L, soit un gain d’environ 35 centimes d’euro pour un plein d’essence.
Prix moyen des carburants sur la période 4 - 5 juillet 2025
| Carburant | Avant (€/L) | Pendant (€/L) | Après (€/L) | Pendant Vs avant (€/L) | Après Vs Pendant (€/L) |
| E10 | 1,690 | 1,669 | 1,680 | -2,13 | +1,09 |
| E85 | 0,745 | 0,738 | 0,743 | -0,76 | +0,57 |
| GPLc | 0,990 | 0,987 | 0,989 | -0,25 | +0,18 |
| Gazole | 1,641 | 1,626 | 1,636 | -1,50 | +1,07 |
| SP95 | 1,742 | 1,722 | 1,731 | -2,00 | +0,94 |
| SP98 | 1,790 | 1,771 | 1,779 | -1,91 | +0,88 |
Les opérations se sont succédé début et fin août, puis début septembre à l’occasion de la rentrée sociale, et enfin à la mi-octobre pour les vacances de la Toussaint. On observe le même schéma qu’en juillet, avec un volume de baisses compris entre 7 000 et 14 000 ajustements pendant les périodes d’opération.
La dernière opération de l’année (du 19 au 20 décembre) a été plus intense que celle de juillet, avec 17 933 baisses et un prix -3,57 c€/L pour le E10 (pic à -25,3) et de -3,11 c€/L pour le Gazole (avec un pic à -36,5). Un rattrapage national haussier est visible après l’opération de l’ordre de 40% du montant de la baisse.
C’est Intermarché qui s’est montré le plus agressif, avec une baisse moyenne de -10,15 c€/L et une couverture de 99,6 % : il s’agit de l’une des opérations les plus marquantes de l’année en matière d’intensité pour l’enseigne.
E. Leclerc, comme à son habitude, a mobilisé la quasi-totalité de son réseau, mais avec une baisse moyenne plus faible que la concurrence, à -6,50 c€/L sur cette opération de décembre. La moyenne de la grande distribution -6,02c€ pour le E10 et de -5,16 pour le Gazole. A eu deux, ils ont influencé le prix moyen national de 62%.
Les stations indépendantes étaient également au rendez-vous des fêtes de Noël, avec une baisse moyenne de -6,39 c€/L et une couverture de 91,7 %. Les groupes pétroliers n’ont baissé leur prix que de 0.5c€.
Prix moyen des carburants sur la période 19 - 20 décembre 2025
| Carburant | Avant (€/L) | Pendant (€/L) | Après (€/L) | Pendant Vs avant (€/L) | Après Vs Pendant (€/L) |
| E10 | 1,668 | 1,632 | 1,648 | ↓-3,57 | ↑+1,56 |
| E85 | 0,736 | 0,728 | 0,734 | ↓-0,81 | ↑+0,65 |
| GPLc | 0,972 | 0,971 | 0,973 | ↓-0,08 | ↑+0,16 |
| Gazole | 1,611 | 1,58 | 1,592 | ↓-3,11 | ↑+1,23 |
| SP95 | 1,727 | 1,694 | 1,707 | ↓-3,28 | ↑+1,25 |
| SP98 | 1,769 | 1,738 | 1,751 | ↓-3,10 | ↑+1,24 |
Moyenne sur les fenêtres J-2→J-1 / période opération / J+1→J+2)
Les données de l’analyse ne permettent pas de confirmer que ladite baisse soit entièrement et directement liée à l’opération « prix coûtant », ni de déterminer si elle résulte de la répercussion des fluctuations du prix du Brent et des produits raffinés. Toutefois, durant la période qui a précédé l’opération prix coutant du 19-20 décembre le prix de gros de l’essence à Rotterdam a suivi la baisse des prix du Brent, tandis que le prix de gros du diesel a pris une trajectoire contraire, soit une augmentation de 3,7 %, ce qui permet d’affirmer que la baisse des prix du gazole à la pompe durant le 19-20 décembre, (moyenne de -5,75 c€/L) est une conséquence directe de l’opération prix coutant de décembre.
Le détail des chiffres est disponible ici : https://prix-carburant.eu/fichiers/prix-coutant-2025/
Conclusion
L’analyse des prix des carburants en France en 2025 met en évidence un marché caractérisé par une tendance baissière modérée, mais surtout par une structuration de plus en plus marquée autour des stratégies tarifaires de la grande distribution. Si les évolutions de fond demeurent influencées par des facteurs macroéconomiques non intégrés à cette étude, les données montrent que les dynamiques observées à court terme sont largement façonnées par des mécanismes concurrentiels internes au marché français.
La grande distribution apparaît comme l’acteur central de ces dynamiques. Par son poids structurel, la fréquence de ses ajustements et l’intensité de ses opérations commerciales, elle exerce une influence déterminante sur les prix moyens nationaux, en particulier lors des périodes d’opérations « prix coûtant ». Ces séquences génèrent des chocs baissiers significatifs, souvent amplifiés par des réactions rapides des enseignes concurrentes, y compris en dehors des réseaux initiateurs.
À l’inverse, les groupes pétroliers se distinguent par des stratégies plus stables, des amplitudes de variation plus faibles et une participation plus hétérogène aux opérations commerciales. Cette relative inertie contribue à maintenir des écarts de prix structurels avec la grande distribution, qui se sont globalement accentués au cours de l’année 2025.
L’étude met également en lumière une forte régularité des comportements temporels, tant sur le plan hebdomadaire qu’horaire. Les baisses se concentrent majoritairement en fin de semaine, tandis que les hausses s’inscrivent dans des cycles plus réguliers en semaine. Ces schémas, observés de manière récurrente sur l’ensemble des réseaux, traduisent une organisation rationnelle et anticipée des ajustements de prix, plutôt qu’une volatilité erratique.
Enfin, si certaines pratiques marginales, telles que les ajustements intra-journaliers hausse/baisse, ont été identifiées, leur portée reste limitée et ne remet pas en cause l’équilibre global du marché. Les données suggèrent que le marché français des carburants demeure relativement stable en fréquence d’ajustement, notamment en comparaison avec d’autres pays européens.
Dans ce contexte, l’année 2025 apparaît moins comme une année de rupture que comme une phase de consolidation des stratégies concurrentielles, où la transparence accrue des prix et la montée en puissance des acteurs de la grande distribution ont contribué à renforcer la pression concurrentielle, avec des effets perceptibles mais inégalement répartis selon les réseaux et les périodes de l’année.
Méthodologie
Cette étude n’inclut pas l’ensemble des stations-service disponibles en France métropolitaine. Seules les informations relatives aux stations délivrant plus de 500 m³ par an sont mises à disposition par les services de l’État.
Les stations dites « à faible distribution » ne sont soumises à aucune obligation réglementaire de déclaration de leurs prix de vente. Tous les types de réseaux sont concernés par cette règle. À titre d’exemple, TotalEnergies recense plus de 3 200 stations sur son site officiel, alors qu’environ 2 000 stations seulement figurent dans les déclarations officielles des prix des carburants.
Notre base de données contient les prix individuels de toutes les stations-service vendant plus de 500 m3 de carburants par an en France. Les données sont collectées depuis le site internet gouvernemental (http://www.prix-carburants.gouv.fr).
Les principales données disponibles dans notre base de données sont les suivantes :
1/ le prix de vente d’un litre de diesel, de SP 95, SP98, E10, Gplc et E85 (en euros), ce prix inclut les taxes, exprimé en euros avec trois décimales ;
2/ la date de relevé du prix sous le format JJ/MM/AA HH :SS, ce qui permet de suivre l’évolution des prix pour une station-service donnée ;
3/ un numéro d’identification de chaque station de service.
Notre base de données est constituée de l’historique des prix extraits chaque 15 minutes à partir du site gouvernemental du 1er juillet 2025 au 31 décembre 2025 ; au total, elle contient près de 10 000 stations-service (9 945) et environ 7,7 millions relevés de prix par carburants.
Toutes les stations ne proposent pas tous les carburants. Voici la répartition au 31/12/2025 :
| Carburant | Nombre stations | Couverture nationale |
| Gazole | 9 662 | 97% |
| SP98 | 8 178 | 82% |
| E10 | 7 649 | 77% |
| E85 | 3 843 | 39% |
| SP95 | 3 292 | 33% |
| GPLc | 1 417 | 14% |
Nous avons exclus les stations qui n’ont pas mis à jour le prix du carburant depuis le 30/08/2025, présumant qu’elles ont cessé leur activité.
Les indicateurs de prix moyens (national et par station) sont disponibles sur l’ensemble de l’année 2025. En revanche, les données fines de modifications de prix et le suivi jour/heure (volumes de hausses/baisses, amplitudes, comportements intra-journaliers) ne sont disponibles qu’à partir de juillet 2025. Les analyses comportementales et les études ‘prix coûtant’ portent donc sur la période juillet–décembre.
Le marché français des carburants est constitué de quatre types de distributeurs :
- 3 955 stations-service appartenant à des groupes pétroliers tels que Total, Elf, Elan, Shell, etc. (36%);
- 5 140 stations-service associées aux supermarchés (47%);
- 1 779 petits distributeurs indépendants sans relation contractuelle avec un groupe pétrolier (16%) ;
- 461 stations d’autoroute (4,5% du réseau national : dont 395 pétroliers, 36 indépendants et 27 grandes distributions)
Des erreurs de saisie ponctuelles ont pu être observées sur un nombre limité de stations. Celles-ci n’affectent toutefois pas l’analyse globale sur une année complète.
Les graphiques présentés comptabilisent le nombre de changements de prix enregistrés (hausses et baisses), sans tenir compte de leur amplitude en centimes.
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