En France, plus de la moitié des changements de prix à la pompe (54,3 %) ont lieu entre 6 h et 10 h du matin, et 13,9 % tombent pile à minuit. Entre 11 h et 21 h, il ne s'en produit plus qu'un sur quatre. C'est ce que montre l'analyse de 2 157 019 modifications de prix relevées par prix-carburant.eu dans les stations-service de France métropolitaine, sur la période d'étude du 1er janvier au 26 septembre 2026.
Une journée tarifaire qui se joue avant 11 h
Sur les 2 157 019 changements enregistrés, on compte 1 330 551 hausses et 826 468 baisses. Leur répartition horaire est très concentrée : deux créneaux, minuit et la matinée, concentrent l'essentiel de l'activité, tandis que la nuit et l'après-midi restent calmes.
| Tranche horaire | Hausses | Baisses | Total | Part du total |
|---|---|---|---|---|
| Minuit (0 h) | 186 828 | 113 391 | 300 219 | 13,9 % |
| 1 h – 5 h | 18 179 | 10 229 | 28 408 | 1,3 % |
| 6 h – 10 h | 681 617 | 489 507 | 1 171 124 | 54,3 % |
| 11 h – 21 h | 331 381 | 198 269 | 529 650 | 24,6 % |
| 22 h – 23 h | 112 546 | 15 072 | 127 618 | 5,9 % |
Les deux heures les plus chargées de la journée sont 9 h (318 596 changements, dont 201 351 hausses) et 8 h (302 476 changements). À elles seules, ces deux heures regroupent 29,1 % de toutes les hausses de la période. Les baisses, elles, sont encore plus matinales : 59,2 % d'entre elles interviennent entre 6 h et 10 h, et à 6 h, les baisses (110 466) sont près de 1,8 fois plus nombreuses que les hausses (61 887).
À l'inverse, 22 h est une heure presque exclusivement haussière : 100 624 hausses pour seulement 9 561 baisses. Enfin, les heures de 1 h à 5 h du matin ne pèsent que 1,3 % des modifications.
Minuit : un pic porté presque entièrement par Total
Le pic de minuit ne reflète pas un comportement général du marché. Total réalise à lui seul 75,4 % des hausses et 75,7 % des baisses enregistrées à 0 h, loin devant les stations indépendantes et Carrefour. Ce phénomène avait déjà été relevé dans l'étude des prix des carburants en France sur 2025, qui attribuait alors 79 % des hausses de minuit à Total.
La case la plus chargée de toute la grille horaire se situe d'ailleurs le mardi à minuit, avec 43 029 hausses, suivie du jeudi à minuit (39 870 hausses). Pour les baisses, le mercredi à minuit en compte 24 463.
6 h – 10 h : pétroliers d'abord, grande distribution ensuite
La matinée se découpe en deux temps selon les enseignes. En début de matinée, ce sont les réseaux pétroliers qui dominent. À 6 h, BP concentre 52,2 % des baisses (57 664) et Esso 29,3 % des hausses. À 7 h, Esso et Total restent en tête des hausses comme des baisses.
À partir de 8 h, la grande distribution prend le relais. Intermarché, E. Leclerc et Système U occupent les trois premières places des hausses comme des baisses à 8 h et à 9 h ; à 10 h, Carrefour remplace Système U dans ce trio. À 9 h, Leclerc totalise 43 483 hausses et Intermarché 39 167.
Le soir : des pratiques propres à quelques enseignes
Le pic de 22 h est lui aussi très concentré : BP réalise 63,8 % des hausses de 22 h (64 189 modifications). Rapporté à l'ensemble de ses changements de prix (196 801), le réseau BP effectue ainsi 61,9 % de ses modifications sur deux créneaux seulement : des hausses à 22 h et des baisses à 6 h. Ces changements sont d'amplitude faible : la variation médiane chez BP est de 2,00 c€/L et 90 % de ses modifications restent sous 3,00 c€/L. Les données agrégées ne permettent pas, à elles seules, d'établir s'il s'agit des mêmes stations d'un jour sur l'autre.
D'autres enseignes se distinguent en soirée. À 22 h, Carrefour réalise 71,8 % des baisses (6 869). À 20 h, Eni pèse 37,7 % des baisses (3 367), alors que la marque ne représente que 0,74 % de l'ensemble des modifications de la période. En 2025, l'étude annuelle avait identifié une station Eni de Trementines qui augmentait ses prix d'environ 8 centimes vers 8 h pour les baisser du même montant vers 20 h. En 2026, la variation médiane chez Eni atteint 5,00 c€/L, la plus élevée de toutes les marques détaillées dans l'étude. À 23 h, enfin, c'est Avia qui domine, avec 30,1 % des hausses et 35,8 % des baisses.
Quels jours les prix changent-ils le plus ?
Le vendredi est le jour le plus actif de la semaine, avec 443 811 changements (20,6 % du total). C'est aussi, de loin, le jour des baisses : 187 643, soit 22,7 % de toutes les baisses de la période. La case la plus chargée en baisses de toute la grille est le vendredi à 8 h (30 799). Ce jour-là, Intermarché affiche la baisse moyenne la plus forte parmi les trois enseignes les plus actives (−4,36 c€ par modification).
Le mardi est quant à lui le jour des hausses : 264 372, soit 19,9 % de l'ensemble des hausses. Le mercredi (363 643 changements) et le jeudi (370 552) suivent un rythme proche, puis l'activité ralentit le samedi (239 012). Une particularité apparaît le samedi à 19 h, avec 9 754 hausses, contre 3 866 à 4 221 du lundi au vendredi à la même heure.
Le dimanche est presque à l'arrêt : 47 409 changements seulement, soit 2,2 % du total, contre une moyenne de 374 120 par jour du lundi au vendredi. Les rares mouvements du dimanche sont largement le fait de BP, qui y réalise 33 % des hausses et 50,1 % des baisses. On note aussi que les hausses dominicales de Leclerc, peu nombreuses (3 690), sont les plus fortes en moyenne parmi les trois marques les plus actives ce jour-là (+6,27 c€ par modification).
Nos conseils pour faire le plein au bon moment
Ces conseils s'appuient sur le moment où les prix changent, pas sur leur niveau : une station peut rester la moins chère de son secteur quelle que soit l'heure. Le réflexe le plus sûr reste de comparer les prix affichés avant de partir. Les tendances ci-dessous permettent en revanche d'éviter les créneaux où les hausses se concentrent.
- Faites le plein après 10 h. À 10 h passées, 69,5 % des changements de la journée ont déjà eu lieu (minuit, nuit et matinée compris). Le prix que vous comparez en fin de matinée a donc peu de risques de bouger avant votre passage : seuls 24,6 % des changements interviennent entre 11 h et 21 h.
- Privilégiez le vendredi. C'est le jour qui concentre le plus de baisses (22,7 % du total), avec un pic le vendredi à 8 h. Ce jour-là, les baisses d'Intermarché atteignent en moyenne −4,36 c€ par modification, la plus forte parmi les trois enseignes les plus actives.
- Méfiez-vous du mardi, surtout chez Total. Le mardi regroupe 19,9 % de toutes les hausses. Total y réalise 54 215 hausses (+2,74 c€ en moyenne) pour 20 654 baisses. Le lundi, à l'inverse, Total ne figure pas parmi les trois enseignes les plus actives. Si votre station habituelle est une Total, faire le plein le lundi plutôt que le mardi est une option à considérer.
- Chez BP, évitez la tranche 22 h – 6 h. Les hausses BP se concentrent à 22 h et ses baisses à 6 h. Si votre station BP suit ce rythme, faire le plein en journée permet d'éviter la hausse du soir, même si l'enjeu reste limité : la variation médiane chez BP est de 2,00 c€/L.
- Chez Eni, attendez le soir. À 20 h, Eni réalise 37,7 % de toutes les baisses enregistrées à cette heure. Dans les stations qui appliquent le cycle « hausse le matin, baisse le soir » observé en 2025, faire le plein après 20 h évite une hausse qui pouvait atteindre environ 8 centimes.
- Le samedi, ne tardez pas trop. Le samedi à 19 h, on compte 9 754 hausses, soit plus du double de ce qu'on observe à la même heure du lundi au vendredi.
- Pour le dimanche, comparez dès le samedi soir. Le dimanche ne représente que 2,2 % des changements de la semaine : les prix relevés la veille au soir restent rarement modifiés le lendemain.
Pour garder les ordres de grandeur en tête : avec une variation médiane de 2,00 c€/L, un changement de prix représente environ 1 € sur un plein de 50 litres. Pour les 10 % de variations les plus fortes (7,00 c€/L et plus), l'écart atteint au moins 3,50 € sur le même plein.
Méthode et limites
Ces chiffres proviennent de l'étude marques et tendances nationales de janvier à septembre 2026, établie à partir des prix déclarés par les stations aux services de l'État. Seules les stations délivrant plus de 5 000 m³ par an sont soumises à cette obligation de déclaration : l'étude ne couvre donc pas l'ensemble du parc. Les marques comptant moins de 50 stations ont été exclues, soit 75 stations représentant 3,7 % des déclarations.
Les comptages portent sur le nombre de changements, tous carburants confondus, sans pondération par leur montant en centimes. Le gazole est le carburant le plus souvent modifié (823 791 changements), devant le SP95-E10 (590 220) et le SP98 (485 185). Pour suivre l'évolution des prix moyens au jour le jour, consultez nos statistiques des prix des carburants en France.