Diesel : Washington demande à la France et à l'Allemagne de libérer leurs stocks d'urgence

Diesel : Washington demande à la France et à l'Allemagne de libérer leurs stocks d'urgence

Le 1er octobre 2026, l'agence Reuters a rapporté que l'administration Trump a demandé à l'Allemagne et à la France de libérer une partie de leurs stocks d'urgence de diesel. L'objectif affiché est de contribuer à faire baisser les prix mondiaux du carburant. Washington menace les deux pays européens de les priver d'exportations américaines s'ils ne s'exécutent pas, selon trois sources proches des discussions.

Ce que demande l'administration américaine

D'après les informations de Reuters, la demande porte sur une partie des stocks d'urgence de diesel détenus par Paris et Berlin. Les États-Unis menacent de priver les deux pays d'exportations américaines en cas de refus, ce qui constitue une intensification de la pression sur l'Europe. Donald Trump avait déjà évoqué publiquement la possibilité d'une interdiction d'exportation de diesel.

Un responsable américain a déclaré qu'il est dans l'intérêt de l'Europe de collaborer avec les États-Unis, alors que plusieurs pistes sont explorées pour renforcer l'approvisionnement en produits raffinés et réduire les coûts pour les consommateurs.

Pourquoi l'Europe est concernée

L'Europe est devenue de plus en plus dépendante des carburants américains depuis qu'elle a interdit les importations russes, à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022.

À cette dépendance s'ajoute un second facteur : la guerre déclenchée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l'Iran perturbe les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient. La flambée des prix du pétrole à travers le monde a conduit à des mouvements de protestation dans de nombreux pays.

Une discussion entre six acteurs européens

Un responsable de l'Union européenne a indiqué que la Commission européenne, l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Irlande et la Grande-Bretagne ont discuté ce jeudi de l'éventuelle nécessité de libérer des stocks de diesel. L'agence ne rapporte, à ce stade, aucune décision issue de cette discussion.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE), organisme de surveillance énergétique de l'Occident, n'a pas encore demandé à l'Allemagne de puiser dans ses stocks, a déclaré le ministère allemand de l'Économie.

L'AIE reste toutefois au cœur des échanges : selon un responsable de l'Élysée, le but de la prochaine réunion des dirigeants serait notamment de coordonner une mise en circulation des réserves en collaboration avec l'Agence internationale de l'énergie.

Les griefs de Washington envers Paris et Berlin

Washington se dit particulièrement mécontent de la France et de l'Allemagne. Selon des responsables américains, les deux pays n'ont pas pleinement respecté leurs engagements passés de mettre sur le marché leurs stocks d'urgence de pétrole et de produits pétroliers, comme Reuters l'avait déjà rapporté.

Le ministère français de l'Énergie n'a pas souhaité faire de commentaire. Un responsable de l'Élysée a déclaré qu'Emmanuel Macron et Donald Trump n'avaient pas abordé cette question lors de leur rencontre en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, la semaine précédente.

Aux États-Unis, la hausse des prix attise le mécontentement des Américains contre Donald Trump, tombé à des records d'impopularité. Cette situation compromet les chances des Républicains de conserver leur majorité au Congrès à l'issue des élections de mi-mandat organisées début novembre.

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