Stocks d’urgence : le G7 va libérer jusqu’à 100 millions de barils, où en sont les prix du carburant ?

Stocks d’urgence : le G7 va libérer jusqu’à 100 millions de barils, où en sont les prix du carburant ?

Les pays du G7 vont libérer jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut dans les quatre mois, a annoncé Emmanuel Macron le vendredi 2 octobre 2026 à l’issue d’une visioconférence des dirigeants. L’objectif affiché est de réduire la pression sur les prix à la pompe, alors que le gazole vient d’atteindre un niveau historique dans l’Union européenne. Voici ce qui a été décidé, et où en sont les prix des carburants en France et en Europe ce 3 octobre 2026.

Ce que le G7 a décidé le 2 octobre 2026

Réunis en visioconférence à 14 h 30 sous la présidence d’Emmanuel Macron, les dirigeants du G7 ont acté un recours à leurs stocks d’urgence pour soulager le marché. Le président français a indiqué que les pays prélèveront jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut sur une période de quatre mois. La déclaration commune publiée en fin d’après-midi précise que les pays du G7 et leurs partenaires commenceront par une libération substantielle de gazole dans les 20 premiers jours.

Deuxième point de l’accord : aucune limitation ni interdiction d’exportation entre les membres du G7. Emmanuel Macron a précisé que Donald Trump avait été très clair sur ce point lors des échanges. Le chef de l’État français a également affirmé que ces décisions « devraient faire baisser les prix » des carburants.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué la décision de ne pas imposer d’interdictions d’exportation à l’égard des alliés, ainsi que la solidarité maintenue entre partenaires. Elle a aussi indiqué soutenir une libération des réserves de carburant coordonnée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Des tensions entre Washington et Bruxelles avant la réunion

La visioconférence intervenait dans un climat tendu. Les États-Unis pressaient l’Europe de puiser dans ses stocks d’urgence de gazole, et Washington menaçait d’interdire ses exportations de carburants vers l’Union européenne si les pays européens ne libéraient pas leurs réserves. Bruxelles a rejeté « catégoriquement » cette éventualité, qui, selon une porte-parole de la Commission, porterait atteinte à la confiance envers les États-Unis comme partenaire fiable.

L’enjeu est important pour les Européens : 50 % du gazole importé par les Vingt-Sept provient des États-Unis. L’Union européenne se disait en revanche prête à une action collective avec l’AIE. Dans la matinée du 2 octobre, une première réunion d’experts européens avait eu lieu, avec une proposition française sur la table pour puiser dans les stocks. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Emmanuel Macron s’était entretenu par téléphone avec Donald Trump, en soulignant l’intérêt commun des pays du G7 à agir de manière concertée, sans restriction aux exportations.

Côté américain, le ministre des Finances Scott Bessent a estimé que les partenaires européens devaient accélérer la mise en œuvre de leurs engagements existants, tandis que le secrétaire à l’Énergie Chris Wright a plaidé pour une mise sur le marché coordonnée des stocks de diesel à l’approche de l’hiver.

Le précédent de mars : 400 millions de barils promis

Cette annonce n’est pas la première du genre en 2026. En mars, les États membres de l’AIE, dont ceux de l’Union européenne, avaient promis de libérer progressivement 400 millions de barils de pétrole issus de leurs stocks stratégiques. Tous ces volumes n’ont toutefois pas encore été mis sur le marché, ce que Washington reproche à l’Europe.

Pourquoi le gazole est au centre des préoccupations

Selon les informations rapportées, les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes et le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran pénalisent fortement la production de gazole, même si les raffineries situées ailleurs dans le monde tournent à plein régime pour transformer le brut en carburant. L’inflation dans la zone euro est montée en septembre à 3,8 %, un plus haut depuis trois ans, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient.

Dans l’Union européenne, le prix du gazole à la pompe a atteint un nouveau sommet historique avec une moyenne hebdomadaire de 2,24 € le litre, d’après la compilation des données nationales publiée jeudi 1er octobre par la Commission européenne. Aux États-Unis, le gazole a atteint fin septembre le niveau record de 6,53 dollars le gallon (3,78 litres), selon l’association automobile américaine.

Les prix des carburants en France le 3 octobre 2026

Les données de prix-carburant.eu, calculées à partir des prix déclarés par les stations-service (données publiques de data.gouv.fr) et mises à jour le 3 octobre 2026 à 8 h 24, donnent les moyennes nationales suivantes :

CarburantAujourd’huiVeilleSur 1 semaineSur 1 moisSur 1 an
Gazole2,363 €/l2,355 €/l+0,9 c€ (+0,39 %)+3,8 c€ (+1,64 %)+71,5 c€ (+43,40 %)
SP95-E102,144 €/l2,136 €/l+1,9 c€ (+0,89 %)+2,3 c€ (+1,08 %)+43,0 c€ (+25,08 %)
SP952,204 €/l2,210 €/l-2,4 c€ (-1,06 %)+1,6 c€ (+0,75 %)+47,7 c€ (+27,65 %)
SP982,227 €/l2,228 €/l+1,8 c€ (+0,84 %)+1,9 c€ (+0,88 %)+41,0 c€ (+22,59 %)
E850,899 €/l0,903 €/l+0,8 c€ (+0,88 %)+1,4 c€ (+1,57 %)+13,5 c€ (+17,65 %)
GPLc1,042 €/l1,036 €/l+0,8 c€ (+0,81 %)+1,1 c€ (+1,10 %)+5,0 c€ (+5,08 %)

Le gazole s’établit à 2,363 €/l, soit 71,5 centimes de plus qu’il y a un an. Il reste supérieur de 21,9 centimes au SP95-E10, à 2,144 €/l. Côté records, le gazole a culminé à 2,392 €/l le 18 septembre 2026 (le prix du jour est inférieur de 1,2 %), le SP95-E10 à 2,156 €/l le 16 septembre, le SP95 à 2,234 €/l le 20 septembre et le SP98 à 2,243 €/l le 16 septembre. Retrouvez l’ensemble des courbes sur la page statistiques et évolution des prix des carburants en France.

Où se situe la France en Europe ?

Le comparatif européen de prix-carburant.eu, fondé sur le bulletin pétrolier de la Commission européenne et mis à jour le 28 septembre 2026, positionne la France au-dessus de la moyenne de l’Union européenne :

PaysGazoleSP95
Union européenne2,237 € (▲ 1,10 ¢)2,104 € (▲ 1,20 ¢)
France2,371 € (▼ 1,20 ¢)2,213 € (▼ 0,60 ¢)
Allemagne2,437 € (▼ 2,00 ¢)2,345 € (▼ 0,30 ¢)
Belgique2,430 € (▲ 4,30 ¢)2,032 € (▲ 4,40 ¢)
Italie2,351 € (▲ 7,00 ¢)2,156 € (▲ 1,50 ¢)
Espagne1,934 € (▲ 1,60 ¢)1,940 € (▲ 1,20 ¢)
Pays-Bas2,526 € (▼ 5,30 ¢)2,465 € (▲ 1,60 ¢)

Pour le gazole, les prix les plus élevés de ce relevé se trouvent au Danemark (2,542 €), aux Pays-Bas (2,526 €) et en Finlande (2,523 €), tandis que la Bulgarie (1,928 €), la Hongrie (1,932 €) et l’Espagne (1,934 €) affichent les niveaux les plus bas, hors Malte (1,210 €). Le prix français de 2,371 € pour le gazole diffère de la moyenne de 2,363 € du jour, car les deux chiffres reposent sur des sources et des dates de relevé différentes. Pour comparer tous les pays, consultez le comparatif des prix du carburant en Europe.

Le pétrole brut dans la décision du G7

La décision du 2 octobre ne porte pas seulement sur le gazole : elle inclut aussi du pétrole brut, dans la limite des 100 millions de barils annoncés. Pour suivre le cours du baril, consultez la page évolution du prix du Brent .

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