Tchéquie : le plafonnement des prix des carburants prolongé jusqu'au 30 novembre

La Tchéquie examine des mesures pour faire baisser les prix des carburants

Le gouvernement tchèque a décidé de prolonger jusqu'au 30 novembre 2026 le plafonnement des prix des carburants, en vigueur depuis le 1er octobre. L'exécutif maintient également la baisse de la taxe sur le diesel, qui lui coûte 45 millions d'euros par mois, tandis que certaines petites stations-service dénoncent des ventes à perte.

Comment fonctionne le plafonnement des prix en Tchéquie ?

Depuis le 1er octobre, l'État fixe chaque jour un prix maximal pour l'essence et pour le diesel. Ce plafond est calculé à partir des cours de gros, auxquels s'ajoute une marge commerciale elle-même limitée à 2,50 couronnes par litre. Le prix à la pompe suit donc l'évolution des marchés, mais la part que peut conserver le distributeur est bornée.

Le dispositif est complété par une mesure fiscale : le gouvernement a également abaissé la taxe sur le diesel. Les deux leviers poursuivent le même objectif, freiner la hausse des prix à la pompe, alors que le contexte géopolitique a fait flamber les carburants. Face à cette flambée, les pays européens ont réagi de manière différente, et la République tchèque a choisi de combiner un plafond de prix et un allègement fiscal.

Quels sont les prix des carburants en Tchéquie par rapport à la France ?

Sur la semaine 2026-45, le litre de SP95 s'établit à 1,765 € en Tchéquie contre 2,158 € en France, soit un écart de -39,3 centimes (-18,2 %). Pour le gazole, le prix moyen est de 1,981 € en Tchéquie contre 2,371 € en France, soit -39 centimes (-16,4 %). Sur un plein de 50 litres, la différence atteint environ -19,65 € pour l'essence et -19,50 € pour le gazole. Cet écart ne s'explique pas uniquement par le plafonnement, car la fiscalité diffère aussi entre les deux pays.

Les relevés hebdomadaires de prix des carburants en Tchéquie montrent l'évolution depuis la fin septembre :

Ces chiffres sont issus du Weekly Oil Bulletin de la Commission européenne et des données publiées sur prix-carburant.eu.

Le plafonnement permet-il de limiter l'inflation ?

C'est en tout cas l'objectif affiché par le gouvernement tchèque. En septembre, l'inflation annuelle atteignait 2,5 % en Tchéquie, contre 3,1 % en France. Pourtant, les carburants avaient fortement augmenté : leur prix était supérieur de 37,5 % à celui de septembre 2025.

Les mesures gouvernementales n'ont commencé à s'appliquer qu'en octobre. Les chiffres de septembre précèdent donc le dispositif. Il est encore trop tôt pour mesurer précisément son effet sur l'inflation, et il est très difficile de dire de combien celle-ci aurait été plus élevée sans ces mesures.

Quel est le coût de ces mesures pour les finances publiques ?

La baisse de la taxe sur le diesel représente un manque à gagner d'environ 1,1 milliard de couronnes par mois, soit quelque 45 millions d'euros. Sur deux mois, cela représente près de 90 millions d'euros. Cette somme est importante, mais elle doit être mise en perspective : elle équivaut à environ 0,7 % du déficit prévu dans le budget de l'État tchèque pour 2026.

La situation des finances publiques tchèques permet de relativiser cette dépense. En 2025, le déficit public s'élevait à 2,2 % du PIB et la dette publique à 44,2 %. Les seuils européens de référence sont fixés à 3 % du PIB pour le déficit et à 60 % pour la dette : la Tchéquie reste donc nettement en dessous. Elle dispose de marges de manœuvre plus importantes que des pays plus endettés, même si la Commission européenne prévoit une hausse du déficit à 2,8 % du PIB en 2026.

Le gouvernement estime que cette dépense temporaire se justifie par le soutien aux transporteurs et aux entreprises. Le prix du diesel se répercute en effet sur le coût des marchandises : alléger la taxe sur ce carburant vise donc à limiter l'effet de la hausse sur l'ensemble de l'économie.

Pourquoi les petites stations-service contestent-elles le dispositif ?

Les petites stations-service indépendantes sont les plus exposées. Elles ont parfois acheté leurs stocks à un prix supérieur au plafond fixé ensuite par l'État. Elles se retrouvent alors obligées de vendre le carburant sous son prix d'achat, donc à perte.

L'une de ces stations a même réclamé des dommages et intérêts devant la justice, sans obtenir gain de cause. Cet épisode illustre l'une des critiques classiques adressées au blocage des prix : si le prix de vente maximal ne couvre plus les coûts, certains distributeurs peuvent être fragilisés.

 

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