La Slovaquie passe à l'offensive face à la flambée des prix à la pompe. Mercredi 23 septembre 2026, le Premier ministre Robert Fico a annoncé qu'à partir du 1er octobre, le bénéfice maximal des distributeurs sur les ventes de carburant sera fixé à dix centimes. Dans la même déclaration, il a promis de diviser par deux les tarifs ferroviaires en seconde classe et de réclamer la tenue d'un sommet européen extraordinaire consacré au prix du carburant.
Une marge des stations-service limitée à 10 centimes
La mesure phare vise les marges des stations-service. « À partir du 1er octobre, on va fixer à dix centimes le bénéfice maximal des distributeurs sur les ventes de carburant », a déclaré Robert Fico devant les journalistes. Le gouvernement slovaque ne fixe donc pas un prix de vente unique à la pompe : il encadre la part que les distributeurs peuvent conserver sur leurs ventes.
Les déclarations du Premier ministre ne précisent ni la durée du dispositif, ni les carburants concernés, ni les modalités de contrôle. L'effet concret sur le prix payé par les automobilistes slovaques n'a pas non plus été chiffré à ce stade. L'évolution des tarifs dans le pays est à suivre sur notre page prix des carburants en Slovaquie.
Comme les autres pays de l'Union européenne, la Slovaquie subit l'envolée des cours du brut, sur fond de tensions au Moyen-Orient et en Ukraine.
Des billets de train en seconde classe à moitié prix
Deuxième volet de l'annonce : le train. « On va aussi diviser par deux les tarifs en seconde classe pour les voyages en train », a ajouté Robert Fico. Aucune précision n'a été donnée à ce stade sur les lignes concernées ni sur la durée de cette baisse.
La Slovaquie n'est pas la première à utiliser ce levier. Au printemps, la Lituanie avait appliqué une réduction de 50 % sur tous les billets de train de son réseau national, du 1er avril au 31 mai 2026, en réponse à la hausse du gazole.
Robert Fico réclame un sommet européen extraordinaire
Le dirigeant nationaliste a accompagné ses annonces d'une charge contre Bruxelles. Il reproche à l'Union européenne de laisser ses États membres « à la merci de la crise pétrolière ». Selon lui, l'UE est incapable de peser sur les conflits qui provoquent ces crises.
« L'UE est capable de trouver des centaines de milliards pour soutenir la guerre en Ukraine, mais elle n'est même pas capable de se réunir pour discuter de la flambée des prix du carburant », a-t-il déclaré. Il a indiqué vouloir demander la convocation d'un sommet extraordinaire sur les prix du carburant.
Robert Fico est le seul dirigeant de l'Union à entretenir des liens avec le président russe Vladimir Poutine, malgré l'invasion de l'Ukraine.
La Tchéquie voisine applique la même limite dès le 1er octobre
L'annonce slovaque fait écho à celle de la République tchèque, présentée deux jours plus tôt. Prague rétablit à partir du 1er octobre un système de prix maximum publié chaque jour par le ministère des Finances. Il est calculé à partir d'une moyenne mobile de trois jours des prix de gros. La marge des distributeurs y est plafonnée à 2,50 couronnes par litre, soit environ 0,10 euro. Le dispositif court jusqu'au 31 octobre 2026.
La Tchéquie abaisse aussi l'accise sur le gazole de 9,95 à 8,011 couronnes par litre, le minimum autorisé par les directives européennes. Elle instaure une taxe exceptionnelle de 50 % sur la hausse des marges de raffinage par rapport à 2025. En août, le pays avait enregistré la plus forte hausse mensuelle du prix du gazole dans l'UE : +14,3 % sur un mois, contre +8,3 % en moyenne pour les Vingt-sept.
Des prix à la pompe à des niveaux record en Europe
Selon le bulletin de la Commission européenne publié le 17 septembre 2026, sur la base des prix relevés le 14 septembre, un Européen paie en moyenne 2,06 euros le litre de SP95 et 2,16 euros le litre de gazole. Le SP95 dépasse les 2 euros dans huit pays : Danemark (2,56 €), Pays-Bas (2,43 €), Allemagne (2,36 €), Finlande (2,32 €), France (2,17 €), Grèce (2,16 €), Italie (2,08 €) et Portugal (2,07 €). Les écarts entre pays sont détaillés sur notre page prix des carburants en Europe.
Les réponses nationales varient. La Belgique dispose depuis 1974 d'un mécanisme de plafonnement des prix des produits pétroliers. L'Allemagne a annoncé un rabais fiscal sur le carburant à partir du 1er octobre. En France, le gouvernement a élargi l'aide de 100 euros aux grands rouleurs à 5,5 millions de bénéficiaires, contre 3 millions jusqu'ici, sans bloquer les prix ni baisser les taxes de façon générale.