Le gouvernement a annoncé jeudi 22 octobre 2026 qu'il remboursera aux petites stations-service indépendantes les intérêts associés à des prêts de 5 000 euros maximum. Selon le ministre du Commerce Serge Papin, interrogé par l'AFP, l'objectif est de les aider à « faire baisser leur prix dès le 1er novembre ».
Une aide de trésorerie pour accompagner la baisse du gazole
Cette annonce fait suite à la promesse faite début octobre par Sébastien Lecornu : une baisse des prix du gazole jusqu'à 18 centimes par litre dans toutes les stations-service de France, à partir de début novembre et pour une durée de trois mois. Pour y parvenir, le gouvernement compte déstocker dix millions de barils de gazole à prix réduit.
Le dispositif présenté jeudi ne concerne pas l'ensemble du parc. Il vise les stations les plus petites, celles qui risquent de ne pas pouvoir suivre le calendrier de la baisse faute de trésorerie. Le gouvernement leur propose des prêts à taux zéro pouvant aller jusqu'à 5 000 euros par station, ce qui leur octroie une avance de trésorerie.
Pourquoi les petites stations avaient exprimé des doutes
Les petites stations-service indépendantes et rurales sont moins fréquemment approvisionnées que les stations des grands groupes. Elles avaient émis des doutes sur leur capacité à répercuter la baisse des prix dès le 1er novembre.
Le calendrier explique cette inquiétude : le premier déstockage de carburant à prix réduit interviendra le 28 octobre, soit quatre jours avant la date du 1er novembre. Ce délai court laisse peu de temps aux stations qui renouvellent leur stock moins souvent pour écouler le carburant acheté avant la baisse et se réapprovisionner au nouveau tarif.
Comment fonctionne le remboursement des intérêts
Le gouvernement précise, dans un communiqué transmis à l'AFP, que le remboursement se fait sur présentation d'un contrat de prêt. Toute station relevant du dispositif se verra rembourser par l'Agence de services et de paiement (ASP) les intérêts du prêt souscrit, à condition que le contrat soit souscrit jusqu'au 20 novembre 2026.
La mesure est entrée en vigueur dès le jeudi 22 octobre. Les entreprises éligibles ont deux options pour contracter leur prêt :
- auprès de leur banque traditionnelle ;
- auprès de Bpifrance, qui propose un « prêt boost » à un taux de 6,8 %.
Quelles stations sont concernées ?
Le cabinet de Serge Papin estime que la mesure concerne entre 350 et 500 stations-service indépendantes. Les critères retenus sont les suivants :
- des stations situées en territoire rural ;
- des stations qui délivrent moins de 1 200 m³ par an ;
- les stations d'Outre-mer, auxquelles la mesure s'applique aussi.
Les stations des grands groupes et celles qui dépassent ce volume annuel ne relèvent donc pas de ce dispositif.
Un exemple chiffré : 5 000 euros empruntés à 7 %
L'annonce comprend un exemple concret. Pour une station qui emprunte 5 000 euros à un taux de 7 %, l'aide de l'État sera de 350 euros. Ce montant correspond aux intérêts remboursés par l'ASP, la station récupérant ainsi le coût du crédit contracté.
Le prêt « boost » de Bpifrance est, lui, proposé à 6,8 %, soit un taux légèrement inférieur à celui de l'exemple donné par le gouvernement.
La réaction de Mobilians
Le réseau Mobilians, qui représente l'essentiel des stations-service traditionnelles hors grandes surfaces, a accueilli favorablement l'annonce. Francis Pousse, du réseau, a déclaré à l'AFP : « Nous demandions que le gouvernement s'assure d'un équilibre des prix dès début novembre entre les stations et nous nous félicitons d'avoir été entendus ».
Cette demande d'équilibre entre les stations reflète la crainte d'un écart de prix, dès le début du mois, entre les stations des grands groupes, approvisionnées plus souvent, et les petites stations indépendantes et rurales.