Pénurie d'essence et de diesel : pourquoi l'AIE s'inquiète et ce que ça change pour vos prix à la pompe

Pénurie d'essence et de diesel : pourquoi l'AIE s'inquiète et ce que ça change pour vos prix à la pompe

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a averti ce mardi qu'elle redoutait une pénurie de carburants, alors que la reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis a fait bondir le prix du pétrole. Le Brent, qui était retombé à 70,14 dollars le baril début juillet, évoluait autour de 90 dollars mardi, soit une hausse de 28 % en trois semaines.

Le raffiné, plus fragile que le brut

Selon l'AIE, ce sont les produits raffinés comme l'essence et le diesel qui sont les plus menacés, davantage que le pétrole brut lui-même. Après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin, les exportations de brut avaient repris plus vite que celles de produits déjà raffinés. La reprise du conflit fragilise donc en premier lieu l'approvisionnement en essence et en diesel.

Deux détroits sous surveillance

Le détroit d'Ormuz reste bloqué, ce qui a poussé l'Arabie saoudite à acheminer une partie de son pétrole par oléoduc jusqu'au port de Yanbu, sur la mer Rouge. De là, les tankers peuvent emprunter soit le canal de Suez vers l'Europe, soit le détroit de Bab-el-Mandeb vers l'Asie. Or les Houthis, alliés de l'Iran, ont menacé de perturber ce second passage. Un blocage isolé de Bab-el-Mandeb serait absorbable grâce à la route de Suez, mais un double blocage avec Ormuz aurait des conséquences bien plus lourdes sur l'approvisionnement mondial.

L'AIE note que plusieurs pays ont limité la casse jusqu'ici : la Chine a divisé par deux ses importations de brut par rapport à l'avant-guerre, tandis que les États-Unis, le Venezuela, le Brésil et le Kazakhstan ont augmenté leurs exportations pour compenser une partie des volumes perdus au Moyen-Orient.

Le gaz aussi sous tension

Le prix du gaz sur le marché européen de référence est passé de 42 à près de 60 euros le MWh en un mois, soit une hausse de 42 %. Là encore, la hausse des exportations américaines et canadiennes a permis de récupérer environ 70 % des volumes de gaz perdus depuis le début du conflit.

📬 Ne manquez rien de l'actualité carburant

Recevez chaque semaine notre synthèse des prix, actus et conseils pour faire des économies à la pompe.