Le prix du pétrole poursuit sa dégringolade. Ce mercredi 25 juin 2026, le baril de Brent de mer du Nord est tombé autour de 72 à 74 dollars, son niveau le plus bas depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l'Iran fin février. La référence américaine, le WTI, a même franchi à la baisse le seuil symbolique des 70 dollars en séance — une première depuis le 2 mars.
En quelques semaines seulement, les cours ont effacé la quasi-totalité de la « prime de guerre » accumulée pendant les mois de tension. Le Brent a perdu près de 40 % par rapport à son pic, atteint fin avril au-delà de 120 dollars le baril.
Pourquoi le pétrole chute-t-il aussi vite ?
La principale raison de ce reflux est la réouverture progressive du détroit d'Ormuz, ce verrou stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Après des mois de quasi-blocage, le trafic des pétroliers a repris, faisant rapidement reculer la crainte d'une pénurie mondiale d'approvisionnement.
L'Organisation maritime internationale (OMI) a annoncé que plus de 11 000 marins bloqués dans le golfe Persique allaient pouvoir être évacués, à la faveur de garanties de sécurité obtenues en coopération avec l'Iran, Oman et les États-Unis. Les flux d'hydrocarbures du Golfe se normalisent : l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que les exportations des Émirats arabes unis sont déjà revenues à près de 85 % de leurs niveaux d'avant-conflit.
Vers une détente géopolitique durable ?
Sur le plan diplomatique, les pourparlers de paix entre Washington et Téhéran progressent. Une dérogation américaine de 60 jours autorise désormais les acheteurs mondiaux, y compris les raffineurs américains, à se procurer à nouveau du brut iranien, ce qui renforce les anticipations d'une offre abondante.
Le marché reste toutefois prudent. La remise en route logistique — déminage du détroit, réparation des infrastructures — prendra plusieurs semaines avant que l'approvisionnement ne soit pleinement rétabli, et des divergences subsistent sur le dossier nucléaire iranien.
Quelles perspectives pour le cours du baril ?
Les grandes banques d'investissement ont déjà revu leurs prévisions à la baisse. J.P. Morgan a abaissé ses anticipations pour le second semestre 2026, tandis que Citi table sur un baril compris entre 60 et 65 dollars d'ici le début de l'année 2027. Malgré la chute, les cours restent légèrement supérieurs à leur niveau d'avant-guerre, autour de 70 dollars fin février.
Quel impact sur les prix à la pompe en France ?
Bonne nouvelle pour les automobilistes : cette baisse du brut devrait se répercuter sur le prix des carburants (gazole, SP95-E10, SP98) dans les 2 à 6 semaines à venir. Attention toutefois : en France, les taxes (TICPE, TVA) représentent plus de la moitié du prix final et n'évoluent pas avec le brut. La baisse à la pompe sera donc nettement moins spectaculaire que celle du baril.
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