Face à la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient, l'Italie a choisi de concentrer son soutien fiscal sur le gazole plutôt que sur l'essence. Une baisse ciblée des accises et de la TVA, initialement annoncée jusqu'au 6 août, vient d'être prolongée jusqu'au 25 août 2026 par le gouvernement de Giorgia Meloni.
Une baisse de 17 centimes par litre, réservée au gazole
La mesure, annoncée fin juillet par le gouvernement italien, abaisse le prix final du gazole de 17 centimes par litre, selon Giancarlo Giorgetti, ministre italien de l'Économie. Son coût budgétaire initial était évalué à environ 125 millions d'euros jusqu'au 6 août ; la prolongation annoncée le 4 août porte la facture totale à 245 millions d'euros.
Contrairement à plusieurs interventions fiscales antérieures, le dispositif ne s'applique pas à l'essence. Ce choix reflète, selon les autorités italiennes, une tension d'approvisionnement plus marquée sur le gazole que sur l'essence dans le contexte actuel. Les prix restent scrutés de près dans toute l'Europe, une dynamique que l'on peut suivre au jour le jour sur notre comparateur des prix en Europe.
Une prolongation décidée en Conseil des ministres
Rome avait prévu de réexaminer la mesure avant son échéance initiale du 6 août. Un Conseil des ministres tenu le 4 août a tranché en faveur d'une prolongation jusqu'au 25 août. « Nous avons prolongé jusqu'au 25 août les mesures visant à lutter contre la hausse des prix des carburants », a annoncé Giorgia Meloni, évoquant un « contexte international qui reste très complexe ».
Selon l'Observatoire des prix des carburants du ministère italien des Entreprises et du Made in Italy, le prix moyen national en libre-service atteignait 2,185 euros par litre pour le gazole et 1,982 euro par litre pour l'essence sur le réseau routier italien fin juillet.
Une séquence de mesures depuis mars
Rome avait déjà approuvé une première baisse des taxes sur les carburants en mars, après le déclenchement du conflit militaire au Moyen-Orient, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des bombardements contre l'Iran le 28 février. Le dispositif a ensuite connu plusieurs prolongations successives au fil des mois, signe de la persistance des tensions sur les approvisionnements.
L'Italie dépend fortement des importations d'énergie et suit de près l'effet du blocage de fait du détroit d'Ormuz, voie maritime majeure pour les flux pétroliers. Dans son rapport pétrolier de juillet 2026, l'Agence internationale de l'énergie relevait un resserrement des marchés du gazole et de l'essence, tout en conditionnant le retour à un meilleur équilibre mondial à une reprise progressive des flux de tankers via le détroit. En mars, les pays membres de l'AIE avaient convenu de mobiliser 400 millions de barils de réserves d'urgence afin d'atténuer les effets économiques des ruptures d'approvisionnement.
Le groupe de coordination pétrolier de la Commission européenne a conclu le 24 juillet qu'il n'existait pas, à cette date, de préoccupation immédiate pour l'approvisionnement pétrolier de l'UE — une appréciation qui porte sur la sécurité d'approvisionnement et ne neutralise pas l'impact des tensions internationales sur les prix à la pompe constaté en Italie comme ailleurs. Retrouvez le détail des prix des carburants en France pour comparer avec la situation italienne.
Foire aux questions
Jusqu'à quand dure la baisse des taxes sur le gazole en Italie ?
La mesure, initialement prévue jusqu'au 6 août 2026, a été prolongée jusqu'au 25 août 2026 lors du Conseil des ministres du 4 août.
Pourquoi la baisse ne concerne-t-elle que le gazole et pas l'essence ?
Selon les autorités italiennes, le gazole subit une tension d'approvisionnement plus marquée que l'essence dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, d'où un soutien fiscal concentré sur ce carburant.
De combien baisse le prix du gazole avec cette mesure ?
La réduction des accises et de la TVA abaisse le prix final du gazole de 17 centimes par litre, selon le ministre italien de l'Économie Giancarlo Giorgetti.
Combien coûte cette mesure au budget italien ?
Le coût était initialement évalué à environ 125 millions d'euros jusqu'au 6 août ; avec la prolongation jusqu'au 25 août, la facture totale atteint 245 millions d'euros.