Italie : le gouvernement prolonge les baisses de taxes sur le carburant pour contenir les prix à la pompe

Italie : le gouvernement prolonge les baisses de taxes sur le carburant pour contenir les prix à la pompe

Alors que la guerre au Moyen-Orient continue de faire peser une pression inédite sur les marchés pétroliers mondiaux, le gouvernement italien a choisi d'agir directement sur la fiscalité des carburants pour protéger le pouvoir d'achat de ses concitoyens. Depuis mars 2026, Rome a mis en place, puis prolongé à plusieurs reprises, une réduction temporaire des droits d'accise sur l'essence et le diesel. Une politique coûteuse mais jugée indispensable face à une situation géopolitique qui échappe au contrôle des États.

Une réduction des droits d'accise reconduite au fil des semaines

Tout a commencé en mars 2026, lorsque le gouvernement Meloni a approuvé un premier décret prévoyant une baisse de 25 centimes par litre sur les droits d'accise applicables aux carburants, pour une durée initiale de 20 jours. Le coût de cette première mesure était estimé à environ 1 milliard d'euros.

Face à la persistance du choc pétrolier, le ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti a annoncé le 3 avril 2026, à l'issue d'un conseil des ministres, une nouvelle prolongation d'un mois. La réduction des droits d'accise, qui aurait dû expirer le lundi de Pâques (6 avril), a ainsi été maintenue jusqu'au 1er mai 2026. Cette deuxième phase a mobilisé environ 500 millions d'euros supplémentaires.

« Après le 1er mai, l'évolution de la situation géopolitique internationale, qui échappe clairement à notre contrôle, déterminera si d'autres types de mesures seront nécessaires. »

— Giancarlo Giorgetti, ministre de l'Économie italien

Une troisième prolongation différenciée selon les carburants

Début mai, Giorgia Meloni a annoncé une nouvelle prorogation de trois semaines. Cette fois, le gouvernement a affiné son dispositif : la réduction est maintenue à 0,20 €/litre pour le diesel, mais ramenée à 0,05 €/litre pour l'essence. La justification avancée est que les prix du gazole ont augmenté bien plus rapidement que ceux de l'essence, nécessitant un soutien plus marqué.

« Cela nous permet de bloquer une hausse qui aurait un impact significatif sur la vie des citoyens », a déclaré la Première ministre italienne à l'issue du conseil des ministres.

Qui bénéficie de ces mesures ?

Le dispositif profite à un large spectre de la population et de l'économie :

Un coût fiscal élevé dans un contexte budgétaire contraint

L'ensemble des mesures représente un effort budgétaire total de plus d'1,5 milliard d'euros. Ce n'est pas sans conséquence pour les finances publiques : l'Italie fait l'objet d'une procédure européenne pour déficit excessif, ce qui limite sa marge de manœuvre. Les accises sur les carburants constituent en effet une source de revenus fiscaux particulièrement fiable et facile à collecter pour l'État.

Rome est ainsi coincée entre deux impératifs : soulager les ménages et les entreprises à court terme, et préserver la soutenabilité de ses finances publiques à moyen terme. C'est pourquoi chaque prolongation est décidée de manière ciblée et limitée dans le temps, sans visibilité à long terme.

Une réponse européenne en parallèle

L'Italie ne joue pas cette partition en solo. Dans le même temps, Rome a rejoint plusieurs États membres de l'UE pour réclamer une réponse commune au choc énergétique. Les dirigeants européens ont notamment demandé la réouverture du détroit d'Hormuz — un couloir stratégique pour les exportations pétrolières — et appelé à une désescalade militaire au Moyen-Orient.

La logique est identique des deux côtés des Alpes : éviter qu'un conflit extérieur se transforme en crise économique et sociale en Europe.

Quid des prix en France ?

La situation italienne interpelle naturellement les automobilistes français. Contrairement à Rome, Paris n'a pas mis en place de réduction équivalente des accises en 2026. À titre de comparaison, la France avait expérimenté une ristourne carburant en 2022-2023, avant d'y mettre fin. La question d'une baisse de TVA ou des accises sur les carburants continue de faire débat à l'Assemblée nationale, sans aboutir à ce stade.

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