Raffinerie TotalEnergies de Normandie : la grève se poursuit, expéditions bloquées

Raffinerie TotalEnergies de Normandie : la grève se poursuit, expéditions bloquées

Le plus gros site de raffinage du pays est à l'arrêt côté expéditions. À la raffinerie TotalEnergies de Normandie, qui fournit habituellement 12 % des carburants vendus dans les stations-service françaises, la grève lancée jeudi 8 octobre 2026 était toujours en cours lundi 12 octobre. Les salariés réclament des garanties sur l'emploi et des hausses de salaire, et ils empêchent les carburants de sortir du site.

Ce que l'on sait de la grève

La poursuite du mouvement a été confirmée lundi par Alexis Antonioli, secrétaire général de la CGT de la raffinerie, puis par la direction du groupe. Il n'a pas donné de précisions supplémentaires. Le site est présenté comme la plus grande raffinerie de France. Des sources concordantes indiquent que les grévistes ont reconduit leur action pour l'emploi et les salaires.

Un blocage des départs, par pipeline et par la route

Concrètement, les grévistes empêchent les carburants de quitter la raffinerie, qu'ils partent par pipeline ou par camions. TotalEnergies assure néanmoins que son réseau de stations-service et ses clients restent approvisionnés. Pour situer le poids du site dans le système français, notre analyse sur les raffineries en France et leurs capacités rappelle que le pays compte six raffineries en activité en métropole, pour 58 millions de tonnes de brut traitées par an.

Un arrêt de maintenance de 20 jours en parallèle

Le même jour, TotalEnergies a annoncé le début d'un « arrêt intermédiaire » du site, prévu pour durer environ 20 jours. Selon la direction, cette opération de maintenance était planifiée depuis plusieurs semaines et n'a aucun rapport avec la grève : elle sert à préparer le grand arrêt prévu l'an prochain.

Ce grand arrêt, lui, devait d'abord avoir lieu à l'automne. Fin septembre, le groupe l'avait repoussé « à l'année prochaine » afin de maintenir la production quelques mois de plus, en pleine crise des carburants.

Les demandes du syndicat

La CGT décrit des équipes « sous tension ». Elle met en cause les départs qui ne sont pas remplacés ainsi que l'usage massif de l'intérim, des CDD successifs et de la sous-traitance, qui auraient selon elle des conséquences sur la sécurité des sites de production.

Sur le plan salarial, elle demande :

L'avance de 1 000 euros n'a pas désamorcé le conflit

La direction avait pourtant annoncé une avance de 1 000 euros sur la prime annuelle de ses salariés. Le montant définitif de cette prime sera discuté en décembre, pendant les négociations salariales annuelles. La CGT a maintenu son appel à la grève et avait qualifié cette annonce de « manipulation grossière ».

Le contexte : un appel lancé mi-septembre

La mobilisation s'inscrit dans l'appel lancé par la CGT le 16 septembre pour la journée du 8 octobre. Le syndicat visait « tous les sites du groupe », avec un impact possible sur les raffineries et sur certaines stations. Étaient aussi concernés les salariés d'Argedis, qui exploite environ 180 stations TotalEnergies, surtout sur autoroute, et ceux de Hutchinson, filiale du caoutchouc et des joints industriels. Nous avions détaillé les risques dans notre article sur la grève du 8 octobre chez TotalEnergies.

Vers une extension au reste du groupe ?

Invitée lundi matin sur LCI, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dit souhaiter que le mouvement s'étende à l'ensemble de TotalEnergies. Elle a reproché au groupe de profiter de la guerre et de la crise sans être capable de revaloriser ses salariés.

Elle a mis en avant les résultats du groupe : un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, soit environ 10 milliards d'euros, au premier semestre, en hausse de 73 % sur un an.

Prix à la pompe : ce que TotalEnergies a déjà annoncé

Dans le même temps, le groupe plafonne ses prix depuis le 22 juillet, à 1,99 euro le litre pour l'essence et 2,25 euros pour le gazole. Lundi 12 octobre, son PDG Patrick Pouyanné a confirmé le maintien du plafond sur le gazole pour les particuliers, et promis une baisse de 8 à 12 centimes après le déstockage prévu début novembre. Les détails figurent dans notre article sur la baisse du gazole promise par TotalEnergies.

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