Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a confirmé samedi 29 août sur France Inter que le groupe pétrolier maintiendrait son plafonnement des prix à la pompe tant que durera le conflit au Moyen-Orient. Une position qui contraste avec la tendance haussière observée sur l'ensemble du marché français des carburants.
Un plafonnement à 1,99 €/L sur l'essence, 2,25 €/L sur le diesel
Relancé le 22 juillet 2026 après une accalmie au printemps, le dispositif fixe un plafond de 1,99 €/L pour l'essence et de 2,25 €/L pour le diesel dans l'ensemble des stations-service TotalEnergies de France hexagonale. Le groupe l'étend également à ses stations autoroutières lors des week-ends de grands départs, et propose un plafond privilégié à 1,99 €/L toute l'année aux clients ayant souscrit à « l'avantage carburant ».
« Tant que le conflit durera, nous continuerons à assurer cette protection », a réaffirmé le dirigeant, revendiquant être le seul pétrolier au monde à appliquer une telle mesure.
250 millions d'euros de coût, mais un marché sous tension
Ce plafonnement représente pour l'instant un coût estimé à plus de 250 millions d'euros pour TotalEnergies, alors même que le groupe a doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, à 5,4 milliards de dollars. Selon notre baromètre des prix, le marché reste sous tension : l'Indice de Tension Carburant s'établit à 29/100 au 1er septembre 2026, avec une pression particulièrement marquée sur l'essence (ITC de 27) par rapport au gazole (ITC de 6).
Les moyennes nationales toutes enseignes confondues du jour illustrent l'ampleur de la hausse depuis le début du conflit : le gazole s'établit à 2,210 €/L (+34,1 % sur un an) et le SP95-E10 à 2,044 €/L (+19,3 % sur un an). Un comparatif qui révèle une nuance importante : sur l'essence, le plafond TotalEnergies à 1,99 €/L reste inférieur à la moyenne nationale et continue donc de jouer un rôle protecteur pour les automobilistes. Sur le diesel en revanche, la moyenne nationale (2,210 €/L) est aujourd'hui repassée sous le plafond de 2,25 €/L, ce qui limite mécaniquement l'effet du dispositif sur ce carburant. L'évolution des cours du Brent reste à surveiller dans les prochaines semaines pour anticiper la suite.
Une mesure conditionnée à l'absence de taxe sur les superprofits
Interrogé sur l'hypothèse d'une taxation exceptionnelle des superprofits des groupes énergétiques, réclamée par plusieurs pays européens, Patrick Pouyanné a botté en touche tout en posant une ligne rouge claire : en cas de taxation, le plafonnement chez TotalEnergies serait purement et simplement abandonné. Le dirigeant a par ailleurs indiqué que son groupe devrait s'acquitter de la contribution exceptionnelle prévue par la loi de finances.
Questions fréquentes
Le plafonnement TotalEnergies s'applique-t-il à toutes les stations du groupe ?
Oui, il concerne l'ensemble des stations-service TotalEnergies situées en France hexagonale, avec un renfort supplémentaire sur le réseau autoroutier lors des week-ends de grands départs estivaux.
Jusqu'à quand le plafonnement va-t-il durer ?
TotalEnergies n'a pas fixé de date de fin : le PDG du groupe a indiqué que la mesure serait maintenue tant que le conflit au Moyen-Orient se poursuivrait, sauf en cas de mise en place d'une taxe sur les superprofits.