Bulgarie : comment le litre d'essence reste à 1,66 € quand l'Europe dépasse 2 €

Prix des carburants en Europe : le gazole recule en France, grimpe en Estonie (28 septembre 2026)

Au 21 septembre 2026, le litre d'essence (super 95) se vendait en moyenne 1,66 € en Bulgarie, alors que la moyenne européenne atteignait 2,09 €. Un écart qui s'explique, selon un eurodéputé bulgare, par une fiscalité sur les carburants très faible, mais qui limite aussi les marges de manœuvre du gouvernement pour agir sur les prix.

Des prix record en Europe

Les prix de l'essence n'ont jamais été aussi élevés en Europe. Cette envolée est liée aux tensions au Moyen-Orient, notamment dans le détroit d'Ormuz, et à la guerre en Ukraine. À la date du 21 septembre, le litre de super 95 s'affichait à 2,09 € en moyenne en Europe, et celui de gazole à 2,23 €.

Ces moyennes cachent toutefois de fortes disparités entre les 27 États membres. La Bulgarie en est l'illustration : à la même date, l'essence n'y dépassait pas 1,66 € le litre. Vous pouvez consulter l'évolution des prix dans ce pays sur notre page prix des carburants en Bulgarie, et comparer avec les autres pays sur les prix des carburants en Europe.

Les accises les plus basses d'Europe, selon un eurodéputé bulgare

Interrogé dans l'émission Ici l'Europe, l'eurodéputé bulgare Radan Kanev (groupe PPE) affirme que son pays applique les droits d'accise sur les carburants les plus bas d'Europe. Il en tire une conséquence : le gouvernement bulgare dispose de peu de latitude pour faire baisser davantage les prix en réduisant les taxes.

C'est justement la voie choisie par d'autres pays. L'Espagne et l'Allemagne tentent d'atténuer la hausse à la pompe en baissant les taxes sur les carburants, au prix de plusieurs milliards d'euros pour leurs finances publiques. La France, plus endettée, a retenu une autre approche : des aides ciblées pour les travailleurs modestes et les secteurs économiques dépendants du carburant.

Taxe sur les superprofits ou plafonnement des prix ?

Pour financer ces politiques d'aide, la gauche du Parlement européen et six États membres, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Autriche et les Pays-Bas, plaident pour inscrire à l'agenda européen une taxe sur les superprofits des groupes pétroliers.

L'eurodéputé Sandro Gozi (Renew) défend une autre piste. Il préfère faire confiance aux groupes pétroliers pour plafonner eux-mêmes leurs prix. Il cite le plafonnement obtenu en France auprès de TotalEnergies, à 1,99 € le litre de super 95, et celui obtenu en Italie auprès d'ENI. Selon lui, ces plafonds poussent les autres acteurs du marché dans la même direction.

Bruxelles étudie un assouplissement des contraintes environnementales

La Commission européenne laisse pour l'instant chaque État membre apporter sa propre réponse. Elle semble toutefois s'orienter vers un assouplissement de certaines contraintes pesant sur les groupes pétroliers, afin de sécuriser l'approvisionnement du marché.

À la demande de la France notamment, Bruxelles étudie un report des obligations de surveillance des émissions de méthane. Sandro Gozi approuve le report de certaines mesures jugées trop contraignantes à mettre en place maintenant, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre la transition vers les renouvelables et le nucléaire, en s'appuyant sur le système européen d'échange de quotas d'émission de CO₂ (ETS).

L'ETS2 repoussé à 2028

L'extension de ce système au transport routier et au chauffage des bâtiments, appelée ETS2, devait entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Bruxelles l'a reportée à 2028. Les droites européennes, dont Jordan Bardella, réclament sa suppression, car elles estiment qu'elle entraînerait une hausse du prix du litre d'essence.

Radan Kanev avance que, si le système avait été appliqué au 1er janvier 2027, le litre d'essence aurait pris 15 centimes de plus. Il ajoute qu'en Bulgarie, les ventes de voitures électriques ont doublé en un an, sans nouveau signal-prix.

L'hiver, principale inquiétude des dirigeants européens

Les dirigeants de l'Union européenne redoutent surtout une flambée des prix du chauffage cet hiver. Chaque hiver, plus de 50 millions d'Européens n'arrivent déjà pas à se chauffer correctement.

Sandro Gozi prévient que, si la crise n'est pas résolue à son origine, c'est-à-dire par une action diplomatique dans le détroit d'Ormuz, l'Union devra élaborer un plan d'urgence européen, comme lors de la crise financière de 2008 ou de la crise du Covid en 2020. 

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