« Ça ne m'empêche pas de dormir » : la phrase de Roland Lescure sur la taxe des carburants relance la polémique

gouvernement

Le mercredi 28 octobre 2026, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a été interrogé sur le prix des carburants. Sa réponse sur la fiscalité, « ce n'est pas une taxe qui m'empêche de dormir », a déclenché une polémique qui se prolongeait encore le lendemain.

La question posée au ministre par la gauche

Les partis de gauche ont une nouvelle fois demandé la mise en place d'une taxe exceptionnelle sur les superprofits pétroliers, en visant notamment TotalEnergies. Le député LFI Éric Coquerel a interpellé le ministre dans l'hémicycle. Il a affirmé que le groupe n'avait pas répercuté à la pompe, selon lui, les prix demandés par le gouvernement pour les 10 millions de barils concernés, et qu'il allait réaliser des millions de bénéfices. Il a aussi rappelé que la France figure parmi les pays d'Europe où le carburant est le plus cher.

La réponse de Roland Lescure

Le ministre a commencé par donner raison à son interlocuteur : les prix de l'essence sont plus élevés en France qu'ailleurs. Selon lui, la raison essentielle est que la France taxe davantage que les autres pays. Il a ensuite expliqué qu'une taxe ne l'empêchait pas de dormir, même si elle en empêche d'autres, et que ces recettes permettent de financer de nombreuses infrastructures, ce qu'il juge positif.

Les réactions de l'opposition

Marine Le Pen a republié la séquence très rapidement sur ses réseaux sociaux. Elle y évoque ceux que le prix de l'essence peut justement empêcher de dormir et dénonce un « dédain » de la part du ministre qu'elle juge insupportable.

Le mercredi soir, sur BFMTV, Manon Aubry (LFI) a également réagi. Elle s'est demandé quand le ministre avait fait son dernier plein en payant de sa poche. Selon elle, tous ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler doivent aujourd'hui réfléchir à deux fois avant de faire le plein.

La défense du gouvernement

Le jeudi 29 octobre au matin, la phrase n'était pas oubliée : la première question posée à la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur BFMTV, portait sur le sommeil du ministre. Maud Bregeon, également ministre de l'Énergie, a défendu son collègue. Elle a reconnu que la formule était « peut-être maladroite sur la forme », tout en affirmant que ce qui l'intéresse est l'action sur le fond.

Elle a rappelé les boucliers tarifaires mis en place lors de la crise énergétique de 2022-2023 et, plus récemment, la libération de 10 millions de barils de diesel, qui doit faire baisser les prix de 12 à 18 centimes dans quelques jours. Selon elle, les automobilistes verront les prix baisser à la pompe dès le 2 novembre.

Le déstockage de 10 millions de barils : ce qui était annoncé

Cette mesure avait été présentée mi-octobre, après une réunion du Premier ministre Sébastien Lecornu avec les distributeurs de carburant le lundi 12 octobre. Elle consiste à vendre 10 millions de barils de diesel issus des stocks stratégiques aux distributeurs. Les ventes aux opérateurs devaient commencer le 28 octobre, avec une baisse attendue à la pompe de 12 à 18 centimes par litre, soit environ 10 euros par plein en moyenne, à partir du 1er novembre. L'opération doit se poursuivre jusqu'à la fin du mois de janvier 2027.

Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, s'était pour sa part engagé à baisser le prix du diesel d'environ 10 centimes par litre pour les consommateurs. Nous avions détaillé cet engagement dans notre article sur la baisse du gazole annoncée par TotalEnergies après le déstockage, et le fonctionnement de ces réserves dans notre dossier sur les stocks stratégiques de pétrole.

TotalEnergies : les résultats du troisième trimestre

Le jeudi 29 octobre 2026, TotalEnergies a publié ses résultats du troisième trimestre. Le résultat net part du groupe s'établit à 8,3 milliards de dollars, contre 5,4 milliards au trimestre précédent. Le résultat net ajusté atteint 9,1 milliards de dollars, contre 6,0 milliards au deuxième trimestre, et le cash-flow opérationnel 12,3 milliards de dollars.

Le conseil d'administration a maintenu l'acompte sur dividende à 0,90 euro par action et prévu 2,5 milliards de dollars de rachats d'actions pour le quatrième trimestre 2026 et le premier trimestre 2027.

Les prix à la pompe en France ce 29 octobre 2026

D'après nos relevés du 29 octobre 2026, le prix moyen du gazole en France s'établit à 2,381 euros le litre sur 7 397 stations, avec un minimum à 1,780 euro et un maximum à 2,999 euros. Le E10 affiche une moyenne de 2,100 euros le litre sur 6 328 stations, entre 1,989 et 2,629 euros.

Sur les dernières semaines, la moyenne hebdomadaire du gazole est restée proche de 2,34 euros : 2,351 euros pour la semaine débutant le 28 septembre, 2,328 euros pour celle du 5 octobre, 2,337 euros pour celle du 12 octobre et 2,342 euros pour celle du 19 octobre.

Roland Lescure affirmant que les prix sont plus élevés en France qu'ailleurs, notre page prix des carburants en Europe permet de comparer les niveaux de prix pays par pays.

📬 Ne manquez rien de l'actualité carburant

Recevez chaque semaine notre synthèse des prix, actus et conseils pour faire des économies à la pompe.