Les prix des carburants vont de nouveau augmenter au 1er janvier 2026, mais cette fois-ci, la hausse n'est pas directement liée au cours du pétrole ou à une nouvelle taxe affichée sur les tickets de caisse. Elle provient d'un mécanisme plus discret : les certificats d'économie d'énergie (CEE). En vertu d'un décret publié en octobre 2025, l'enveloppe financière consacrée à ce dispositif sera relevée à compter de 2026, avec un effet dès le début de l'année sur les factures d'énergie et, en particulier, sur le prix des carburants.
Selon Olivier Gantois, président de l'Ufipem (Industries pétrolières et mobilités), cette évolution réglementaire se traduira par une hausse de cinq à six centimes par litre de carburant au 1er janvier. Pour des automobilistes déjà très attentifs au moindre centime affiché à la pompe, il s'agit d'un changement significatif, d'autant qu'il ne découle pas d'une flambée du baril mais de la montée en puissance d'un outil de politique publique.
Un dispositif clé de la transition énergétique financé par les consommateurs
Les certificats d'économie d'énergie ont été créés en 2005 pour encourager et financer les travaux permettant de réduire durablement les consommations d'énergie. Le principe est le suivant : les fournisseurs de carburants, de gaz et d'électricité sont tenus de promouvoir ou de financer des actions d'économies d'énergie, comme l'isolation des logements, la récupération de chaleur dans les usines ou l'amélioration de la performance énergétique de certains équipements.
En pratique, ces acteurs doivent détenir un volume donné de certificats pour prouver qu'ils ont rempli leurs obligations. La Cour des comptes résume ce mécanisme en expliquant qu'il s'apparente, dans les faits, à une taxe sur les consommations d'énergie. Pour respecter leurs obligations, les fournisseurs achètent des CEE ou financent des travaux chez les particuliers et les industriels. Le coût de ces opérations est ensuite intégré dans les tarifs facturés aux clients finaux.
Le décret d'octobre 2025 marque l'entrée dans une nouvelle phase de régulation des CEE pour la période 2026-2030. À cette occasion, l'État a décidé de relever substantiellement l'objectif global, en faisant passer l'enveloppe du dispositif de six à huit milliards d'euros par an. Cette montée en charge se traduit mécaniquement par une hausse de la contribution supportée par les fournisseurs d'énergie, qui répercutent environ deux tiers de l'effort sur leurs clients, selon les calculs de la Cour des comptes.
Un impact déjà chiffré : 164 € par ménage et une hausse annoncée au 1er janvier
Les évaluations de la Cour des comptes permettent de mesurer l'ordre de grandeur du dispositif. En l'état actuel, les certificats d'économie d'énergie représentent un surcoût moyen de 164 € par ménage et par an. Dans ce total, la part liée au gaz est estimée à 84 € par an pour les abonnés, celle imputée aux automobilistes à 76 €, et celle supportée par les usagers de l'électricité à 56 €.
Ces montants sont calculés avec une enveloppe annuelle de six milliards d'euros. Le relèvement à huit milliards d'euros décidé pour la période 2026-2030 implique que la contribution globale va progresser.
Olivier Gantois précise que, dans la configuration actuelle, les certificats d'économie d'énergie renchérissent le prix au litre d'environ onze centimes en moyenne. Avec la nouvelle enveloppe, cette fraction devrait atteindre 16 à 17 centimes. C'est ce passage de 11 à 16-17 centimes qui explique l'augmentation annoncée de cinq à six centimes par litre au début de l'année.
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