Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche 13 septembre 2026 que son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky devait « arrêter » d'attaquer les raffineries de diesel en Russie, alors que les prix à la pompe s'envolent aux États-Unis.
Lors d'un bref échange avec des journalistes, au deuxième jour de son séjour en Irlande sur son golf de Doonbeg, le président américain a été direct : « Il doit arrêter de frapper le diesel en Russie. Qu'il s'en prenne à des cibles, mais pas au diesel », a-t-il lancé, estimant que ces frappes provoquent une pénurie du carburant.
Cette sortie intervient alors que le prix du diesel a dépassé vendredi, pour la première fois, la barre des 6 dollars le gallon (3,78 litres) aux États-Unis. Cette flambée est alimentée par deux facteurs qui se cumulent : la guerre au Moyen-Orient, qui maintient les cours du pétrole à des niveaux élevés, et les attaques ukrainiennes répétées contre les raffineries russes.
Face à ces frappes sur ses infrastructures pétrolières, Moscou a prolongé un moratoire, décidé fin juillet, sur ses exportations de diesel. Une mesure qui réduit d'autant l'offre disponible sur le marché mondial des produits raffinés, dans un contexte déjà tendu.
L'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a averti que la situation sur les produits raffinés ne devrait pas s'améliorer dans les prochains mois. Les stocks de diesel se situent à « un niveau bas » et les prix devraient rester « à un niveau élevé », selon l'agence, qui n'anticipe pas de détente rapide tant que les frappes sur les infrastructures russes se poursuivent et que le moratoire russe reste en vigueur.
Cette hausse des prix du diesel est particulièrement sensible sur le plan politique aux États-Unis. Elle est jugée très impopulaire par l'opinion publique américaine et pourrait peser sur les élections législatives de mi-mandat, prévues début novembre 2026.
La relation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky reste marquée par des hauts et des bas. Le président américain a parfois semblé reprendre à son compte des arguments russes, tout en se montrant à d'autres moments prêt à relancer l'aide militaire à Kiev. L'échange tendu entre les deux hommes dans le bureau ovale, en février 2025, où le président ukrainien s'était vu reprocher de ne pas avoir suffisamment remercié Washington, avait marqué les esprits.
Après plusieurs mois d'interruption, les États-Unis ont toutefois relancé récemment leurs efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin à ce conflit qui dure depuis plus de quatre ans. Le week-end dernier, les envoyés spéciaux américains Jared Kushner et Steve Witkoff se sont rendus à Moscou, puis, pour la toute première fois, à Kiev. Une trêve a été observée des deux côtés durant ces visites.
Les frappes russes sur l'Ukraine ont toutefois repris depuis. La compagnie ferroviaire ukrainienne a évoqué dimanche une « attaque systémique » visant le réseau ferré, après une frappe de drone russe sur un train à destination de Varsovie, qualifiée de « délibérée » par le président Zelensky.
Les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes ne datent pas d'hier. Dès le 8 juillet 2026, la Russie avait annoncé interdire ses exportations de gazole, après avoir déjà pris une série de restrictions similaires les mois précédents. Une semaine plus tard, la population russe elle-même commençait à subir les conséquences de cette stratégie, avec de longues files d'attente devant les stations-service encore approvisionnées dans plusieurs régions du pays.