Carburant : Michel-Édouard Leclerc juge un plafonnement des prix « inéluctable »

Carburant : Michel-Édouard Leclerc juge un plafonnement des prix « inéluctable »

Invité de La Grande interview Europe 1-CNews ce mardi 8 septembre 2026, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a jugé "inéluctable" un futur plafonnement des prix du carburant par l'État. Une déclaration qui intervient alors que le sans-plomb et le gazole viennent de repasser au-dessus du seuil symbolique des 2 €/litre après une brève accalmie.

Face à Laurence Ferrari, le dirigeant a justifié sa position par le poids de la fiscalité dans le prix final : selon lui, les taxes représentent jusqu'à 60% du prix payé à la pompe par les automobilistes. "On arrive en haut d'un cycle", a-t-il estimé, avant d'ajouter que la pression sur des secteurs comme l'agriculture finira par contraindre les pouvoirs publics à agir. "À un moment donné, ça va tellement peser sur la croissance que les pouvoirs publics vont devoir être obligés de plafonner les prix. C'est inéluctable", a-t-il insisté.

Plafonner les prix : ce que font déjà nos voisins

Contrairement à une idée reçue, un mécanisme de plafonnement des prix pétroliers existe déjà chez l'un de nos voisins directs. En Belgique, un "contrat-programme" conclu en 1974 entre l'État belge et la fédération pétrolière Energia fixe chaque jour ouvrable un prix maximum légal pour l'essence et le diesel, calculé à partir des cotations du Brent sur le marché de Rotterdam. Il est interdit d'y vendre plus cher que ce plafond officiel, même si les distributeurs restent libres de proposer des prix inférieurs par la concurrence.

Ce système belge n'empêche toutefois pas les hausses : au 1er août 2026, le plafond du diesel a par exemple grimpé à plus de 2,28 €/litre sous l'effet de la flambée des cours liée au conflit au Moyen-Orient, avant de redescendre quelques jours plus tard une fois les cotations pétrolières apaisées. Le plafonnement belge encadre donc la formation du prix plutôt qu'il ne bloque son niveau, avec un mécanisme à seuils qui répercute les variations du marché mondial dans les deux sens, à la hausse comme à la baisse.

La France a, de son côté, davantage privilégié des dispositifs ponctuels et négociés plutôt qu'un cadre réglementaire permanent : remises à la pompe financées par l'État en 2022, puis plafonnement volontaire à 1,99 €/litre appliqué par TotalEnergies dans son réseau durant l'année 2023. Une évolution vers un mécanisme structurel proche du modèle belge impliquerait donc un changement de nature, passant d'aides temporaires à une régulation permanente du prix maximum, avec les questions de financement et d'articulation avec la fiscalité (TICPE, TVA) que cela soulève.

Un plaidoyer parallèle pour l'électrique

Michel-Édouard Leclerc a profité de cette intervention pour plaider en faveur d'une accélération de l'électrification du parc automobile français, associant Leclerc, Système U et Carrefour à cette dynamique. Son argument : les prix du pétrole resteront structurellement soumis aux aléas géopolitiques, tandis que l'électrique offrirait une trajectoire de coûts plus prévisible pour les automobilistes.

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