La Libye relance son secteur énergétique avec de nouvelles licences d’exploration

La Libye relance son secteur énergétique avec de nouvelles licences d’exploration

La Libye tente de redynamiser son industrie pétrolière et gazière en attribuant de nouveaux droits d’exploration à plusieurs entreprises étrangères, marquant ainsi son premier appel d’offres majeur depuis 2007. Cette initiative intervient après plus d’une décennie de conflit civil et d’instabilité politique ayant fortement freiné les investissements internationaux.

La National Oil Corporation a annoncé les résultats de cet appel d’offres, dévoilant une liste d’entreprises lauréates parmi lesquelles figure le géant américain Chevron ainsi que la société nigériane Aiteo, considérée comme la plus grande entreprise énergétique privée d’Afrique. D’autres consortiums internationaux ont également été retenus, notamment Repsol associé à BP, Eni North Africa avec QatarEnergy, ainsi qu’un partenariat réunissant Repsol, MOL Group et Turkiye Petrolleri.

Un regain d’intérêt prudent des investisseurs

L’attribution de ces licences traduit un certain retour d’intérêt pour les ressources énergétiques libyennes, longtemps délaissées depuis le soulèvement de 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi. Toutefois, la réponse du marché a été jugée plus modérée que prévu par plusieurs analystes. Selon Hamish Kinnear, expert du cabinet britannique Verisk Maplecroft, l’incertitude politique persistante et l’insécurité autour de certaines zones d’exploration auraient limité l’enthousiasme des investisseurs.

La Libye demeure divisée entre administrations rivales à l’est et à l’ouest du pays. Les différends récurrents concernant la banque centrale et la gestion des revenus pétroliers continuent de perturber la production dans plusieurs champs majeurs. Cette instabilité structurelle représente un risque important pour les entreprises étrangères.

Une stratégie de relance à long terme

Ce nouveau cycle d’octroi de licences a permis d’attribuer cinq des vingt blocs proposés. Il s’inscrit dans une dynamique plus large, notamment après un accord estimé à 20 milliards de dollars conclu avec TotalEnergies et ConocoPhillips afin d’augmenter la production sur une période de 25 ans.

Le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah a fixé pour objectif une hausse de 850 000 barils par jour à terme, alors que la production actuelle avoisine 1,4 million de barils quotidiens. Pour attirer davantage d’investissements, les autorités ont introduit un nouveau modèle contractuel jugé plus favorable aux opérateurs internationaux, remplaçant des conditions auparavant considérées comme trop contraignantes.

Masoud Suleman, dirigeant de la NOC, a annoncé la création d’un comité chargé d’améliorer encore les modalités d’appel d’offres et de négocier l’attribution des blocs restés vacants. Selon lui, cette initiative marque un « retour de la confiance » et une reprise du travail institutionnel dans l’un des secteurs clés de l’économie libyenne.

Entre opportunités et fragilités structurelles

La relance des appels d’offres constitue un signal positif pour l’économie libyenne, fortement dépendante des hydrocarbures. Néanmoins, la réussite de cette stratégie dépendra de la stabilité politique et de la capacité des autorités à garantir un environnement sécurisé et prévisible aux investisseurs.

Si ces nouvelles licences traduisent un frémissement du marché, elles illustrent également les défis persistants d’un pays cherchant à reconstruire son secteur énergétique dans un contexte de fragmentation institutionnelle et de tensions internes.

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