GNL et méthanol : une transition stratégique pour le transport maritime

GNL et méthanol : une transition stratégique pour le transport maritime

Le transport maritime mondial entre dans une phase décisive de sa transition énergétique. Sous l’effet combiné des réglementations environnementales, des attentes des clients et des engagements climatiques internationaux, les compagnies maritimes doivent réduire rapidement leur empreinte carbone. Les entreprises incapables d’adapter leurs flottes risquent de perdre en compétitivité dans un marché où la durabilité devient un critère stratégique.

Dans ce contexte, le gaz naturel liquéfié (GNL) s’impose comme une solution intermédiaire crédible. Bien qu’il reste un combustible fossile, il permet de réduire les émissions de CO₂ d’environ 30 % par rapport au pétrole et jusqu’à 40 % par rapport au charbon. Sa maturité technologique et la disponibilité croissante des infrastructures de soutage renforcent son attractivité.

Pourquoi le GNL reste un carburant de transition clé

Le GNL est obtenu en refroidissant le gaz naturel à -162 °C, ce qui réduit son volume à environ un six-centième de son état gazeux initial. Cette liquéfaction facilite son transport et son stockage à bord de navires spécialisés. Les moteurs bicarburant permettent aux armateurs d’alterner entre GNL et carburants conventionnels, offrant flexibilité opérationnelle et sécurité énergétique.

Son principal atout réside dans sa capacité à fournir une densité énergétique fiable tout en diminuant significativement les émissions polluantes. Pour les compagnies maritimes, il constitue un pont technologique entre le fioul lourd traditionnel et les carburants alternatifs de demain, tels que le méthanol vert ou les e-carburants.

Une vague mondiale de commandes de navires bicarburant

Les grandes compagnies maritimes multiplient les investissements. MSC, Evergreen et Hapag-Lloyd AG figurent parmi les acteurs les plus engagés dans cette transformation.

En Asie, COSCO Shipping Holdings a commandé 18 porte-conteneurs à double carburant GNL pour un montant estimé à 2,7 milliards de dollars, avec des livraisons prévues entre 2028 et 2029. Evergreen a suivi avec une commande de 23 navires auprès de chantiers navals chinois, tandis que Pacific International Lines a lancé la construction de huit unités bicarburant.

Du côté européen, Hapag-Lloyd mise davantage sur la compatibilité méthanol. Son PDG, Rolf Habben Jansen, a annoncé la commande de huit navires bicarburant au méthanol d’une capacité de 4 500 EVP. Ces unités, attendues entre 2028 et 2029, devraient être jusqu’à 30 % plus efficaces que les générations précédentes et permettre d’économiser jusqu’à 350 000 tonnes d’équivalent CO₂ par an.

Le GNL, solution durable ou simple étape intermédiaire ?

Si le GNL permet une réduction significative des émissions par rapport au fioul lourd, il ne constitue pas une énergie totalement décarbonée. Son rôle apparaît donc comme transitoire, dans l’attente d’une montée en puissance des carburants renouvelables et synthétiques.

Dans un environnement réglementaire de plus en plus exigeant et face à la complexité croissante des marchés énergétiques, le GNL offre aujourd’hui un compromis pragmatique. Il permet aux armateurs de moderniser leurs flottes, d’améliorer leur efficacité énergétique et de progresser vers la neutralité carbone tout en maintenant la fiabilité des chaînes logistiques mondiales.

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