Gazole d'été : la vente autorisée jusqu'au 15 novembre 2026 face aux tensions d'approvisionnement

Gazole d'été : la vente autorisée jusqu'au 15 novembre 2026 face aux tensions d'approvisionnement

Le gouvernement français a autorisé, par un arrêté paru au Journal officiel le 22 septembre 2026, la vente du gazole d'été jusqu'au 15 novembre 2026, au lieu du 1er novembre habituel. Cette dérogation vise à soulager les raffineries confrontées à des tensions d'approvisionnement liées à la crise géopolitique au Moyen-Orient.

Concrètement, l'arrêté permet aux distributeurs de vendre exceptionnellement après le 1er novembre un gazole dont la température limite de filtrabilité (TLF) reste fixée à 0°C, au lieu des −15°C normalement exigés pour le gazole d'hiver. Cette dérogation accorde deux semaines supplémentaires aux opérateurs pour effectuer la transition saisonnière.

Selon Le Monde, cette mesure intervient alors que la consommation française de gazole routier a pourtant baissé de 6,7 % par rapport à 2025. Malgré cette baisse de la demande, les raffineries peinent à assurer un approvisionnement stable, en raison des perturbations sur les marchés internationaux du pétrole.

Blandine Ruty, secrétaire générale de l'Ufip (Union française des industries pétrolières), explique que le maintien du gazole d'été facilite la production en raffinerie : le gazole d'hiver nécessite en effet des additifs anti-gel coûteux et des processus de raffinage plus complexes. Dans un contexte où le gazole atteint 2,41 euros le litre et l'essence SP95 2,22 euros, alléger les contraintes de production est présenté comme un enjeu économique et social important, à l'approche de la campagne présidentielle de 2027.

Cette dérogation transfère cependant une partie du risque financier vers les distributeurs et les automobilistes. L'arrêté impose en effet aux distributeurs d'assumer la responsabilité des incidents liés à l'utilisation du gazole d'été après le 1er novembre, et de bien informer leurs clients des risques encourus, via panneaux et autocollants en station.

Le risque principal concerne le figeage du carburant par grand froid : en dessous de 0°C, les paraffines contenues dans le gazole d'été peuvent se solidifier, bouchant les filtres et empêchant le démarrage du moteur. Une panne de ce type peut coûter entre 300 et 700 euros en remorquage, vidange et remplacement de filtre. Les zones les plus exposées à ce risque dès la fin octobre sont les régions montagneuses et froides comme les Alpes, le Jura et le Massif central.

Pour les automobilistes de plaine, le risque reste limité, mais ceux qui circulent en zone de montagne sont invités à privilégier le gazole d'hiver dès que possible, quitte à devoir chercher une station qui en propose. Cette mesure s'ajoute à une actualité déjà tendue pour les automobilistes : le ministre de l'Économie a indiqué que 17 % des stations étaient en pénurie d'au moins un carburant, sans toutefois évoquer d'enjeu d'approvisionnement généralisé.

Sur le plan budgétaire, la hausse des prix des carburants pèse lourdement sur les ménages : un automobiliste parcourant 15 000 kilomètres par an dépense désormais 2 169 euros par an en carburant, contre environ 1 500 euros avant la crise énergétique actuelle.

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