En ce début novembre 2025, une situation inédite se dessine sur les routes françaises : le SP95-E10, principale essence utilisée dans les véhicules modernes, coûte désormais presque autant que le gazole. D’après les données compilées par le site prix-carburant.eu, l’écart moyen national entre les deux carburants n’est plus que de 3 centimes par litre, contre 7,3 centimes en septembre dernier.
Cette convergence progressive des prix marque une étape importante dans l’évolution du marché des carburants français. Les chiffres mensuels montrent une réduction continue de la différence de prix : 11,1 centimes en mai, 8,3 en juin, 3,5 en juillet, 7,1 en août, 7,3 en septembre, 6,9 en octobre, pour tomber à 3,2 en novembre.
Des exemples concrets sur le terrain
Sur le terrain, cette quasi-parité se vérifie. À Choisy-le-Roi, la station Intermarché affiche ce 9 novembre :
- Gazole : 1,639 € /L
- SP95-E10 : 1,659 € /L
Soit une différence de seulement 2 centimes.
À Lyon (station TotalEnergies), les tarifs sont similaires : 1,66 € pour le gazole et 1,67 € pour le E10, soit 1 centime d’écart seulement. Cette tendance se généralise dans de nombreuses régions selon les relevés de prix-carburant.eu.
Un écart qui s'estompe dans la durée
Les données historiques montrent à quel point la situation a changé :
- En 2010, l’essence coûtait près de 19 centimes de plus que le gazole.
- En 2018, l’écart n’était plus que de 4 à 5 centimes.
- En 2022, le rapport s’est inversé : le gazole est passé au-dessus du E10 avec un écart de -10,8 centimes.
Depuis, les écarts oscillaient entre 5 et 8 centimes avant de quasiment disparaître fin 2025.
Pourquoi les prix se rejoignent-ils ?
Plusieurs facteurs expliquent cette convergence :
- Alignement fiscal : la TICPE, historiquement plus basse pour le gazole, a été progressivement harmonisée avec celle de l’essence.
- Recul du diesel : la part des véhicules diesel baisse, ce qui réduit la demande et donc les prix du gazole.
- Hausse du bioéthanol : le E10 contient jusqu’à 10 % d’éthanol dont le coût de production a augmenté avec la hausse des matières premières agricoles.
- Effets logistiques : la baisse des volumes de diesel dans les raffineries européennes a également modifié les coûts d'approvisionnement.
Conséquences pour les automobilistes
Cette quasi-égalité pourrait influencer le choix des automobilistes à moyen terme. L’argument économique du diesel, longtemps décisif, perd de son poids. Avec des prix similaires, les véhicules essence – plus légers et moins coûteux à l’entretien – retrouvent un avantage compétitif, notamment pour les trajets urbains ou quotidiens.
Pour les gros rouleurs, le gazole conserve un intérêt grâce à son rendement supérieur, mais la frontière économique entre les deux carburants devient plus floue que jamais.
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