Face à la hausse des taxes sur les carburants aux Pays-Bas, les automobilistes néerlandais se rendent de plus en plus souvent en Allemagne pour faire le plein, ce qui met les stations-service locales en difficulté pour fidéliser leur clientèle. Cette tendance est particulièrement marquée dans les régions frontalières, où l'écart de prix de l'essence s'est fortement creusé depuis le 1er janvier.
En Belgique et en Allemagne, le prix moyen du litre d'essence sans plomb 95 à la pompe est nettement inférieur à celui des Pays-Bas depuis des années. Selon Global Petrol Prices, en Allemagne, le prix moyen du litre d'essence est de 1,723 €, soit environ 17 centimes d'euro de moins qu'aux Pays-Bas. En Belgique, le prix moyen du litre d'essence à la pompe est de 1,483 €, soit plus de 40 centimes d'euro de moins qu'aux Pays-Bas. Cette situation pose problème aux stations-service de la région frontalière néerlandaise, car les consommateurs affluent pour faire le plein de l'autre côté de la frontière.
Dans les stations-service Kuster Energy d'Emmerich et d'autres villes allemandes proches de la frontière, les plaques d'immatriculation néerlandaises sont désormais monnaie courante. L'entreprise, qui exploite dix stations en Allemagne et 42 aux Pays-Bas, annonce une économie moyenne d'environ 30 centimes d'euro par litre pour les automobilistes néerlandais. Le directeur commercial de Kuster Energy, a déclaré que cela représente une différence significative.
Une conductrice originaire de Brummen, a apporté trois jerricans supplémentaires à une station-service d'Emmerich afin de réaliser un maximum d'économies. « Je peux maintenant remplir 25 litres de plus. Je ne sais pas exactement combien j'économise, mais c'est de l'ordre de plusieurs dizaines d'euros », a-t-elle déclaré.
La hausse des taxes sur les carburants décidée par le gouvernement néerlandais le 1er janvier 2026 fait suite à une réduction des remises initialement prévues. L'essence coûte désormais 5,6 centimes d'euro de plus par litre qu'il y a un an, le diesel 3,5 centimes et le GPL 1,5 centime. En novembre, le parti ChristenUnie avait proposé de réaffecter 448 millions d'euros de réductions de taxes sur les carburants aux transports publics, une mesure approuvée de justesse par la Tweede Kamer.
Aux Pays-Bas, les taxes sur les carburants représentent une part importante du prix à la pompe. Pour rester compétitives, les stations-service néerlandaises proches de la frontière proposent des promotions, comme des services supplémentaires tels que le lavage de voiture, la recharge rapide et la restauration rapide, afin de fidéliser leur clientèle.
Le tourisme lié aux carburants aux Pays-Bas entraîne une baisse significative des ventes des carburants
les ventes d'essence et de diesel ont chuté de 6,5 % entre août 2024 et août 2025 inclus, par rapport à la même période en 2024. Le mois d'août, en particulier, a été mauvais pour les deux carburants. Selon l'association professionnelle Nove, le tourisme lié à la consommation de carburant est un facteur majeur de ce recul.
Les chiffres publiés par Nove, basés sur les données les plus récentes de l'Institut néerlandais de la statistique (CBS), montrent qu'août a été le pire mois pour les exploitants de stations-service néerlandais au cours des huit premiers mois de 2025. Ceci concerne aussi bien les ventes d'essence et de diesel que celles de GPL. Les ventes de diesel ont chuté de 13,9 % en août par rapport au même mois de l'année précédente, tandis que celles d'essence ont reculé de 5,3 %. Les ventes de GPL ont même dégringolé de près de 26 %.
Les ventes d'essence, de diesel et de GPL ont toutes enregistré des baisses durant les huit premiers mois de 2025. Les ventes de diesel n'ont progressé aucun mois par rapport au même mois de 2024. Le constat est identique pour l'essence : les ventes ont reculé tous les mois par rapport à l'année précédente, à l'exception d'avril qui a connu une légère hausse de 0,3 %. Le marché du GPL, bien que restreint, a lui aussi subi une baisse significative, avec des ventes en recul de près de 6 % sur les huit premiers mois de 2025.
La transition énergétique, marquée par le passage croissant des consommateurs et des entreprises des énergies fossiles à la recharge électrique et à des carburants plus durables, n'est pas la seule cause du déclin constant de la consommation d'énergies fossiles ; le tourisme lié au carburant y contribue également.
Avec la décision d'annuler la réduction des droits d'accise à partir de janvier 2026, le secteur serait confronté à un tourisme lié au carburant encore plus important et les ventes de carburant aux Pays-Bas diminueraient davantage.
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