Les autorités ont récemment mis au jour un trafic de carburant organisé en Île-de-France, reposant sur un mode opératoire aussi simple qu’illégal : de l’essence revendue à 1 euro le litre, principalement via le réseau social Snapchat. L’affaire, révélée par Le Parisien, illustre une nouvelle forme de contournement du marché officiel des carburants, exploitant à la fois la flambée des prix à la pompe et l’instantanéité des plateformes sociales.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les transactions s’effectuaient de manière informelle, souvent sur des parkings ou dans des zones discrètes, avec des bidons ou des jerricans remplis de carburant. Les acheteurs étaient attirés par un tarif défiant toute concurrence, très inférieur aux prix observés dans les stations-service franciliennes.
Snapchat comme place de marché illégale du carburant
Le réseau utilisait Snapchat comme canal principal de diffusion des annonces. Les vendeurs publiaient des messages éphémères indiquant la disponibilité du carburant, le prix et parfois le lieu de rendez-vous. Ce fonctionnement permettait une diffusion rapide, tout en compliquant la traçabilité des échanges.
Les enquêteurs soulignent que ce type de trafic repose sur la temporalité courte des contenus, caractéristique des réseaux sociaux. Les annonces disparaissaient rapidement, réduisant le risque d’identification immédiate. Les acheteurs, souvent recrutés par le bouche-à-oreille numérique, étaient invités à se déplacer rapidement avec leurs propres contenants.
Une essence bradée bien en dessous des prix du marché
Au moment des faits, le prix moyen du carburant en Île-de-France restait nettement supérieur à 1 euro le litre. Le tarif proposé par le réseau clandestin apparaissait donc comme anormalement bas, laissant peu de doute sur l’origine frauduleuse du produit.
D’après les informations relayées par Le Parisien, le carburant provenait de sources illégales, possiblement issues de vols, de détournements ou de circuits parallèles échappant à toute fiscalité. En France, les taxes représentent une part significative du prix à la pompe ; vendre de l’essence à un tel niveau de prix implique nécessairement une évasion des droits et accises.
Une enquête judiciaire aux enjeux multiples
L’intervention des forces de l’ordre a permis de mettre fin aux activités du réseau et d’ouvrir une enquête visant à identifier l’ensemble des personnes impliquées. Les infractions relevées pourraient inclure la revente illégale de carburant, le recel, la mise en danger d’autrui et des infractions fiscales.
Les autorités rappellent que l’achat de carburant en dehors des circuits autorisés expose également les acheteurs à des sanctions pénales, même s’ils se présentent comme de simples consommateurs. La législation française encadre strictement la distribution de carburants, notamment pour des raisons de sécurité, de traçabilité et de fiscalité.
Les risques pour les consommateurs
Au-delà de l’aspect légal, acheter du carburant via des réseaux clandestins comporte plusieurs dangers : qualité non garantie du produit, absence de contrôle sur le stockage et le transport, risque d’accident lors du remplissage ou du transport, et responsabilité pénale en cas de contrôle ou d’incident.
Les autorités rappellent que seul le carburant distribué dans les stations agréées répond aux normes de sécurité et de conformité en vigueur.
Commentaire
Aucun commentaire pour l’instant. Soyez le premier à réagir !