De nouvelles recherches sur la production de carburant d'aviation à partir de résidus de tomates

De nouvelles recherches sur la production de carburant d'aviation à partir de résidus de tomates

Sous l'égide de l'Université de Technologie de Graz (TU Graz), un projet de recherche européen ambitieux nommé ToFuel est en train de développer un concept révolutionnaire de bioraffinerie : transformer les déchets de l'industrie de la tomate en carburant d'aviation durable (SAF - Sustainable Aviation Fuel). L'objectif est de mettre au point un procédé « sans déchets », neutre en carbone et économiquement compétitif, capable de répondre à l'urgence de décarbonation du transport aérien.

Une ressource abondante et sous-exploitée

La tomate, étant le deuxième légume le plus consommé au monde après la pomme de terre, représente un gisement de biomasse considérable. L'Union européenne, qui se classe au troisième rang des producteurs mondiaux avec environ 17 mégatonnes récoltées, génère inévitablement d'énormes quantités de résidus. Ces déchets se composent de matières végétales (tiges, feuilles, fleurs), mais aussi de pelures, de graines et de fruits non conformes aux standards de qualité.

Actuellement, la gestion de ces résidus pose problème : la plupart sont soit incinérés comme déchets agricoles, soit éliminés à des coûts élevés, sans réelle valorisation énergétique. Pourtant, cette biomasse représente une opportunité manquée pour l'Europe, qui cherche désespérément des alternatives aux carburants fossiles pour atteindre ses objectifs climatiques.

La technologie au cœur du procédé ToFuel

Pour convertir ces déchets organiques en un carburant complexe capable de propulser un avion, la biomasse doit subir plusieurs transformations rigoureuses. Les chercheurs expliquent que la matière première doit d'abord être traitée pour devenir assimilable par des micro-organismes. Le projet ToFuel explore et compare deux technologies de fractionnement modernes pour y parvenir :

  1. L'extrusion biomécanique : Ce procédé traite la biomasse par la chaleur et la pression, suivie d'une chute brutale de pression. Ce choc mécanique décompose la matière en ses composants cellulaires. On obtient alors une biomasse parfaitement « prédigérée », prête pour la fermentation. Durant cette phase biologique, des micro-organismes produisent des lipides (grasses) qui seront ensuite chimiquement transformés en carburant d'aviation.
  2. La liquéfaction hydrothermale : Cette méthode convertit directement la biomasse humide en bio-huile et en bio-charbon sous des conditions de température et de pression extrêmes. Toutefois, cette bio-huile brute contient des impuretés, notamment des ions azotés qui interfèrent avec le raffinage. Une étape de purification est donc indispensable avant de convertir cette huile en SAF de haute qualité.

Une collaboration scientifique internationale

Le développement de ces procédés complexes nécessite une expertise pluridisciplinaire. Les travaux de fractionnement, de biotechnologie et de purification sont menés en étroite collaboration par trois institutions de premier plan : le Laboratório Nacional de Energia e Geologia (LNEG) de Lisbonne, l'Université technique de Graz et l'Université de Zagreb.

En transformant un déchet agricole en ressource énergétique stratégique, le projet ToFuel illustre parfaitement le potentiel de l'économie circulaire pour relever le défi climatique dans le secteur des transports lourds.

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