Le nouveau décret visant à plafonner les marges des distributeurs de carburant suscite une vive opposition dans la grande distribution. Le patron des Mousquetaires dénonce ce matin sur les ondes de France Info une mesure inefficace, estimant qu'elle ne permettra pas de faire baisser durablement les prix à la pompe. Selon lui, les marges pratiquées aujourd'hui par les distributeurs sont déjà particulièrement faibles, souvent comprises entre 1 et 2 centimes par litre, avec un maximum à 3 centimes. Il défend une autre solution : utiliser la manne des certificats d'économie d'énergie, ou CEE, pour réduire immédiatement le prix des carburants de 12 centimes par litre et soulager la facture des Français.
Pourquoi le nouveau décret sur les marges fait polémique
Le gouvernement mise sur un plafonnement des marges des distributeurs pour tenter de contenir la hausse des prix des carburants. Sur le papier, l'objectif paraît simple : empêcher certains acteurs de profiter de la flambée des cours dans un contexte international tendu. Mais dans les faits, cette approche est fortement contestée par les enseignes de distribution, qui rappellent que la marge commerciale sur les carburants est déjà extrêmement faible.
Ce matin, le patron des Mousquetaires a tiré à boulets rouges sur cette disposition, qu'il juge déconnectée de la réalité économique du secteur. Selon lui, les distributeurs prennent aujourd'hui moins de marge qu'en janvier et février, avant l'aggravation des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Il affirme que la marge nette se situe désormais à hauteur de 1 à 2 centimes par litre, et rarement davantage. Dans ces conditions, plafonner encore cette marge ne changerait presque rien pour l'automobiliste au moment de faire le plein.
Des marges déjà réduites depuis le conflit au Moyen-Orient
Pour défendre sa position, le dirigeant des Mousquetaires met en avant l'évolution récente des marges depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Selon lui, les enseignes ont déjà réduit leur rémunération sur les carburants par rapport au début de l'année. Là où certains imaginent que les distributeurs profitent mécaniquement des hausses, il soutient au contraire qu'ils absorbent une partie de la pression afin de rester compétitifs.
Plutôt que de plafonner les marges, le patron des Mousquetaires avance une autre idée, qu'il présente comme beaucoup plus efficace : utiliser la manne des certificats d'économie d'énergie, les fameux CEE, pour alléger directement le prix payé par les automobilistes. D'après lui, ce mécanisme pourrait permettre une baisse d'environ 12 centimes par litre.
Les CEE sont un dispositif bien connu dans le secteur de l'énergie. Ils obligent certains acteurs à financer des actions d'économie d'énergie, en échange de certificats. Depuis plusieurs années, ce système mobilise des montants considérables. L'idée défendue ici consisterait à réallouer une partie de cette ressource pour soutenir temporairement le pouvoir d'achat sur les carburants, dans un contexte de tension sur les prix.
Sur le plan politique, cette proposition pourrait présenter un avantage évident : 12 centimes de baisse par litre auraient un effet très visible pour les ménages. Pour un plein de 50 litres, cela représenterait une économie de 6 euros. Sur plusieurs pleins par mois, l'impact serait nettement plus perceptible qu'un plafonnement de marge limité à quelques centimes au maximum.
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