Dans l’aviation commerciale, le carburant n’est pas une variable secondaire : il conditionne le plan de vol, la charge utile (passagers et fret) et, en cas de tension, la capacité même à opérer. Le carburant aviation (souvent désigné Jet Fuel ou Jet A-1) repose sur une chaîne logistique spécifique : importations, stockage, acheminement vers les dépôts aéroportuaires, puis avitaillement au pied de l’avion. Une perturbation sur un seul maillon peut provoquer des ajustements immédiats (carburant embarqué en plus, escales techniques, optimisation du réseau) ou, dans les cas les plus sévères, une suspension du ravitaillement.
Pour comprendre les enjeux et le vocabulaire (Jet A-1, contraintes techniques, normes), vous pouvez aussi consulter notre dossier : Kérosène : définition, usage et alternatives dans l’aviation.
Cuba : avitaillement interrompu un mois, escales techniques et priorité aux vols régionaux
Le 9 février 2026, un responsable d’une compagnie européenne a indiqué à l’AFP que les autorités cubaines avaient informé les compagnies desservant le pays que l’avitaillement en kérosène serait suspendu pendant un mois, à compter du 10 février 2026 à 00h00 (heure locale). La mesure est présentée comme une réponse directe à une crise énergétique plus large, qui pèse sur l’approvisionnement du pays en produits pétroliers.
Concrètement, l’arrêt du ravitaillement local oblige les compagnies opérant des vols long-courriers à revoir leurs procédures. La source citée par l’AFP évoque la nécessité d’une « escale technique » sur les vols retour, uniquement pour ravitailler. L’objectif : sécuriser la quantité de carburant requise sans dépendre des stocks disponibles à La Havane ou dans d’autres aéroports cubains.
Selon les éléments rapportés, les vols régionaux seraient, eux, en mesure de poursuivre plus normalement, ce qui laisse entendre une priorisation des opérations et un arbitrage sur les ressources. Le cas d’Air France est explicitement mentionné : la liaison est maintenue, avec la mise en place d’une escale technique dans un autre pays des Caraïbes.
Une crise énergétique qui déborde le seul secteur aérien
Dans le même article, l’AFP relie la situation à une crise énergétique sévère, et cite une série de mesures d’urgence annoncées par le gouvernement cubain : semaine de quatre jours et télétravail dans certaines structures, restrictions de ventes de carburant, réduction de services de transport, et ajustements dans le secteur touristique et éducatif. L’objectif affiché est d’économiser le carburant pour des fonctions jugées prioritaires (alimentation, électricité, activités génératrices de devises).
Maroc : stocks de kérosène sous tension et consignes de ravitaillement préventif
Au Maroc, l’alerte porte sur une tension temporaire sur les stocks de kérosène dans les aéroports. Des médias marocains indiquent qu’un avis officiel de type NOTAM a été diffusé, invitant les compagnies aériennes internationales à embarquer une quantité suffisante de carburant dès le point de départ. Pour les gros-porteurs, il est question de transporter le maximum autorisé ; pour les vols moyen-courriers, une quantité couvrant l’aller-retour est recommandée.
Le même article attribue l’origine du problème à des perturbations portuaires prolongées liées à des conditions météorologiques défavorables, qui auraient retardé l’accostage de pétroliers et le déchargement des cargaisons, notamment dans des zones citées comme Tanger, Jorf Lasfar et Casablanca. Il est également mentionné que certains vols (militaires, sanitaires, et une partie des opérations de Royal Air Maroc) bénéficieraient d’exemptions.
De son côté, la presse marocaine évoque aussi un contexte de perturbations d’approvisionnement en carburants dans plusieurs villes, lié à des épisodes climatiques récents, et explique que des mesures exceptionnelles visent à préserver les stocks, notamment pour le carburant aviation.
Impacts immédiats : plans de vol, coûts, et effet domino sur le tourisme
Quand une compagnie doit « sur-emporter » du carburant, l’opération n’est pas neutre. Un avion plus lourd consomme davantage au décollage, peut réduire la charge utile (moins de fret, parfois arbitrages sur les bagages), et augmente les coûts d’exploitation. Dans le cas cubain, la solution d’escale technique crée un surcoût (temps au sol, redevances, logistique) et peut allonger la durée de voyage.
Au Maroc, le mécanisme est différent mais le résultat opérationnel est proche : les compagnies sont incitées à limiter le ravitaillement local en prévoyant davantage de carburant à l’origine. Dans un pays où les hubs et l’activité touristique sont structurants, toute tension sur le carburant aviation est observée de près par les opérateurs, car elle peut affecter la régularité, la ponctualité et les coûts.
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