La pêche à la coquille Saint-Jacques a ouvert jeudi 1er octobre 2026 en Normandie, mais la hausse du prix du gazole marin pèse sur les décisions des armateurs. Selon l'Organisation des pêcheurs normands (OPN), certains bateaux ont fait le choix de ne pas aller pêcher la coquille à cause du carburant. La grande majorité des navires est toutefois en mer. Voici les éléments rapportés par franceinfo, avec ICI Normandie, sur cette ouverture de campagne.
Une ouverture de campagne sous tension pour les coquillards
Le début de campagne de la pêche au large est décrit comme stressant pour les coquillards, c'est-à-dire les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques. Ils font face à deux incertitudes : la hausse du prix du gazole et l'incertitude sur les prix de vente de leur pêche, dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat des consommateurs. La pêche a ouvert jeudi matin.
Au micro d'ICI Normandie (Calvados/Orne), Mathieu Vimard, directeur adjoint de l'Organisation des pêcheurs normands, constate que certains bateaux ont préféré rester à la pêche au poisson. La raison est simple : ces pêcheurs ne savent pas combien de temps sera nécessaire pour atteindre leur quota de coquilles. Or, explique-t-il, plus la pêche dure longtemps, plus la consommation de carburant augmente. Il tempère néanmoins ce constat : la grande majorité des bateaux est en ce moment en pêche.
Gazole marin : de 1 euro à près de 1,25 euro
Le prix du gazole marin ne cesse de grimper. Quentin Gourville, patron du Granvillais, amarré au port de Dieppe (Seine-Maritime), indique à ICI Normandie qu'en fin de saison dernière le carburant se situait à peu près à 1 euro, voire 1,05 euro. Il est désormais monté à quasiment 1,20 euro, 1,25 euro.
Ce niveau de prix compte d'autant plus que les navires consomment entre 800 litres et une tonne de carburant par jour. Pour le patron pêcheur, il s'agit d'un budget très important pour l'armement. Chaque journée en mer pèse donc directement sur les comptes de l'entreprise.
Pourquoi le temps de pêche change tout
La campagne de coquilles fonctionne avec un quota à atteindre. Comme le souligne l'OPN, la durée nécessaire pour y parvenir détermine la quantité de carburant brûlée. Un armateur qui ignore ce temps ne peut pas calculer précisément la rentabilité de ses sorties, ce qui explique l'hésitation de certains bateaux.
Malgré tout, Quentin Gourville affirme que les pêcheurs n'ont pas le choix et qu'ils iront tous en mer. Son entreprise n'a pas travaillé depuis cinq mois et ne vit que de la coquille Saint-Jacques : il faut, dit-il, remonter la société. Certains pêcheurs, dont lui, attendent en revanche d'avoir le droit de pêcher en Baie de Seine, en novembre, plus près du littoral.
Aides de l'État : 70 % du surcoût, mais des délais de versement
Les aides de l'État doivent couvrir 70 % du surcoût lié à la hausse du prix des carburants. Les pêcheurs déplorent toutefois leur arrivée tardive. Loïc Marguerie rapporte que les aides d'avril-mai n'ont été touchées qu'au mois de septembre.
Les professionnels souhaiteraient une aide directement à la pompe, plutôt que de monter des dossiers dont le paiement prend, selon lui, trois mois. Il estime qu'un versement plus rapide serait préférable pour la comptabilité comme pour le paiement des salaires en fin de mois.
Suivre l'évolution des prix des carburants
Les chiffres cités dans cet article concernent le gazole marin utilisé par les navires de pêche. Pour suivre les carburants vendus en station, consultez nos statistiques des prix des carburants en France et le suivi du cours du Brent. D'autres analyses sont regroupées dans la rubrique actualités du site.