Alors que les prix à la pompe battent des records depuis le début du mois de septembre 2026, la France et le Luxembourg font le même choix : pas de nouvelle aide généralisée pour les automobilistes. À Paris comme à Luxembourg-Ville, les deux gouvernements misent sur des mesures ciblées plutôt que sur un geste fiscal ou un plafonnement des prix.
Bercy exclut toute mesure générale
Réuni mercredi avec les distributeurs de carburants, le ministère de l'Économie a confirmé sa position : le gouvernement reste opposé à des mesures plus générales d'aide, invoquant l'état des finances publiques. Il maintient en revanche une enveloppe ciblée de 1,4 milliard d'euros destinée aux ménages et aux entreprises les plus vulnérables.
Sur l'hypothèse d'un plafonnement des prix, Bercy tranche : une telle mesure reviendrait, selon le ministère, à organiser la pénurie. Quant à une baisse temporaire de la fiscalité sur les carburants, réclamée par certains distributeurs, elle n'est pas non plus à l'ordre du jour. Résultat : le SP95-E10 se négocie autour de 2,124 €/L et le gazole autour de 2,292 €/L, des niveaux inédits depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Suivez l'évolution en temps réel sur notre baromètre hebdomadaire des prix.
Luxembourg : la même logique, l'indemnité kilométrique gelée
Même son de cloche côté luxembourgeois. Le gouvernement dit comprendre la situation des ménages, mais n'annonce aucune nouvelle aide générale. Il exclut pour l'instant de revaloriser l'indemnité kilométrique, utilisée notamment pour calculer les notes de frais, et renvoie la question à l'accord de coalition, qui ne prévoit une réunion tripartite qu'en cas de déclenchement de plusieurs tranches indiciaires sur une année. Or un seul index est attendu en 2026, le prochain n'étant pas espéré avant 2027.
Pourquoi les prix flambent-ils autant ?
Cette flambée s'explique par la remontée du Brent, revenu autour de 100 dollars le baril, dans un climat de tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz. Pour le ministère de l'Économie français, la priorité reste la sécurité d'approvisionnement, ce qui justifie selon lui la prudence sur toute baisse de fiscalité. Retrouvez le détail de cette évolution sur notre page dédiée au cours du Brent.
Tous les pays européens n'ont pas fait le même arbitrage. La Hongrie, la Croatie et Malte ont par exemple mis en place des plafonnements de prix ou des aides publiques plus larges. De quoi nourrir le débat sur l'efficacité de ces dispositifs, à l'heure où les automobilistes de toute l'Europe subissent la même hausse.
Comparez les prix pratiqués dans les différents pays sur notre page prix du carburant en Europe.