Carburant : la consommation chute de 30 % en dix jours, l'État perd 407 millions d'euros de recettes

Carburant : la consommation chute de 30 % en dix jours, l'État perd 407 millions d'euros de recettes

La flambée des prix à la pompe commence à se traduire par un net recul de la consommation. Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a annoncé mardi que la consommation de carburants en France avait chuté de 30 % entre le 11 et le 20 septembre, par rapport aux dix premiers jours du mois. Une baisse de la demande qui pèse directement sur les recettes fiscales de l'État.

Selon le ministre, qui s'est exprimé sur X, les recettes fiscales liées au carburant ont reculé de 407 millions d'euros au 20 septembre, par rapport à la même période l'an dernier, et ce depuis le début du conflit au Moyen-Orient en février. "La guerre au Moyen-Orient continue de peser sur les prix à la pompe, et donc sur le budget des Français", a-t-il précisé.

Depuis le début de la crise, l'exécutif publie tous les dix jours l'état des recettes fiscales liées aux carburants, à savoir la TVA (assise sur les prix) et les accises, autrement dit l'ex-TIPP (assise sur les volumes consommés). L'objectif affiché est de démontrer que l'État n'a pas profité de la hausse des prix pour accroître ses recettes, contrairement à ce qu'affirment certaines oppositions.

De fait, la baisse des volumes consommés fait plus que compenser la hausse des prix unitaires : la balance des recettes reste négative de 407 millions d'euros depuis février. Le gouvernement souligne que c'est même l'inverse d'un effet d'aubaine budgétaire.

Face aux critiques, l'exécutif prépare une réponse législative. Il proposera aux parlementaires d'inscrire dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 une "règle d'or" garantissant l'absence de gain pour les comptes publics en cas de nouvelle hausse des prix. Concrètement, si les prix devaient encore augmenter et générer un surplus de TVA, cette hausse serait neutralisée fiscalement et restituée aux automobilistes directement à la pompe.

Cette proposition ne convainc toutefois pas l'ensemble des oppositions. Le député RN Thomas Ménagé a qualifié la mesure de "totalement bidon", estimant qu'elle ne répond pas à l'urgence ressentie par les automobilistes face à la hausse continue des prix.

Le contexte reste par ailleurs tendu sur le terrain : selon notre observatoire, environ 14 % des stations-service manquent d'au moins un carburant en France, alimentant la nervosité des automobilistes malgré les assurances du gouvernement sur l'absence d'enjeu d'approvisionnement généralisé à ce stade.

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