La loi de finances pour 2026 introduit une modification significative du régime de la vignette automobile en Algérie. À travers l’article 50, elle révise l’article 302 du Code des timbres, redéfinissant les catégories de véhicules exonérés de la vignette annuelle. Cette réforme s’inscrit dans un contexte budgétaire contraint et soulève des interrogations quant à la trajectoire de la politique énergétique adoptée jusque-là.
Ce que change la loi de finances 2026
Sur le plan strictement juridique, la loi de finances 2026 modifie la liste des véhicules exonérés de la vignette automobile annuelle.
Exonérations introduites
Les véhicules électriques et ou hybrides sont désormais exonéré totalement de l’acquittement de la vignette automobile. Il s’agit d’une nouveauté, ces catégories n’étant pas jusqu’ici concernées par une exonération spécifique de la vignette automobile.
Exonérations supprimées
Les véhicules équipés d’une carburation au GPL/c (gaz de pétrole liquéfié carburant) ne bénéficient plus de l’exonération. Les propriétaires de ces véhicules devront désormais s’acquitter de la vignette annuelle, dont le montant varie entre 500 et 25 000 dinars, selon l’âge et la puissance fiscale du véhicule.
Exonérations maintenues
Les véhicules fonctionnant au GNC (gaz naturel carburant) conservent leur exonération. Ces dispositions entreront en vigueur dès le 1er janvier 2026, avec un impact concret lors du renouvellement des vignettes en 2026.
Impacts fiscaux pour l’État
Sur le plan budgétaire, cette mesure s’inscrit dans une logique de recherche de recettes supplémentaires, dans un contexte marqué par un déficit budgétaire de l’ordre de 74 milliards de dollars et une pression croissante sur les finances publiques.
Selon les estimations disponibles :
- Le parc roulant au GPL/c dépasse un million de véhicules en Algérie.
- En considérant une vignette moyenne de 1 000 dinars par véhicule, l’État pourrait générer environ 1 milliard de dinars de recettes annuelles supplémentaires.
Conséquences pour les automobilistes
Pour les automobilistes concernés, l’impact est direct et cumulatif. La fin de l’exonération de la vignette pour le GPL/c intervient dans un contexte marqué par :
- une hausse de 30% du prix du GPL/c à partir de janvier 2026, passant de 9 à 12 dinars le litre,
- une forte dépendance de certaines catégories professionnelles, notamment les chauffeurs de taxi, à ce carburant.
Pour ces usagers, le GPL/c constituait une solution économiquement accessible, permettant de réduire les coûts d’exploitation face à la hausse des carburants classiques. La combinaison de la hausse du prix du carburant et du retour de la vignette pourrait donc peser significativement sur leur pouvoir d’achat et leurs marges d’activité.
À l’inverse, l’exonération accordée aux véhicules électriques et hybrides apparaît, à ce stade, d’un impact limité. Le coût d’acquisition de ces véhicules restant très élevé, l’économie réalisée sur la vignette ne modifie que marginalement le coût total de possession et ne constitue pas, en l’état, un levier incitatif majeur.
Ce que dis la politique énergétique du pays
Dans un rapport publié en 2024, intitulé « Développement du GPL/c et du GNC en tant que leviers de la transition énergétique dans le secteur du transport », le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (Cerefe) dresse un bilan détaillé du GPL/c en Algérie, qui se présente comme suit :
- Le parc roulant au GPL/c a franchi le seuil du million de véhicules fin 2023.
- Cette progression résulte du déploiement de 500 installateurs agréés répartis sur les 58 wilayas.
- Le dispositif est soutenu par une prime publique de 21 000 dinars, couvrant un peu plus de 30 % du coût d’installation du kit GPL/c.
- Le GPL/c est présenté comme une solution économiquement accessible et moins polluante que l’essence, contribuant à une réduction notable de la consommation d’essence, passée de 4,4 millions de tonnes en 2015 à 3,3 millions de tonnes en 2022.
Dans ce rapport le Cerefe recommandait notamment le renforcement de l’approvisionnement des stations en GPL/c, la densification du réseau de distribution et le soutien aux installateurs de kits GPL/c.
Pour rappel, l’Algérie a produit 9,4 millions de tonnes de GPL en 2023, se classant à la sixième place mondiale. Les exportations de GPL se sont élevées à 6,1 millions de tonnes en 2024 pour 3,31 milliards de dollars, alors que la capacité de production du pays s’élève à 10,4 millions de tonnes par an. L’Autorité de régulation des hydrocarbures, avait indiqué que la consommation du GPLc a atteint en 2024 près de 1,66 million de tonnes.
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