Prix des carburants : vers une baisse rapide après l'accord de paix Iran–États-Unis ?

Prix des carburants : vers une baisse rapide après l'accord de paix Iran–États-Unis ?

L'annonce, dans la nuit de dimanche à lundi, d'un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran a immédiatement fait plonger les cours du pétrole : le Brent reculait de plus de 4,5 % lundi 15 juin, autour de 83 dollars le baril, et le WTI américain perdait plus de 5 %. Une détente qui pourrait, à terme, soulager le portefeuille des automobilistes français — à condition que la baisse soit bien répercutée à la pompe.

Le gouvernement n'a pas tardé à mettre la pression sur les distributeurs. « Les prix à la pompe devront refléter les baisses des cours du Brent », a prévenu sur RTL Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l'Énergie, en réclamant des baisses « aussi rapides que les hausses l'ont été » au début de la guerre, déclenchée fin février. L'exécutif dit maintenir « un dialogue constant » avec les distributeurs, au nom du pouvoir d'achat : « personne ne peut profiter de cette crise ».

Une baisse, oui, mais pas du jour au lendemain

Encore faut-il que l'accord se concrétise et que le détroit d'Ormuz — point de passage stratégique par lequel transite une large part du pétrole mondial — rouvre réellement. Invité du 13h de TF1, Emmanuel Macron a estimé que les effets à la pompe se feraient sentir « dans les semaines » suivant la mise en place de l'accord, le temps que « les chaînes logistiques repartent ». Michel-Édouard Leclerc a, lui, résumé l'équation : la baisse interviendra « au rythme de la libération des pétroliers ».

Pourquoi la baisse ne se voit-elle pas immédiatement à la pompe ? Parce que le prix affiché en station ne suit pas directement le baril de Brent, mais les cotations des produits déjà raffinés — gazole et essence — sur le marché de Rotterdam, la place de référence pour le nord-ouest de l'Europe. Or, entre ces cotations et le pistolet, il s'écoule en moyenne une dizaine de jours : c'est le temps que le carburant acheté au prix du marché « descende » toute la chaîne logistique, de la raffinerie au dépôt, puis à la cuve de la station. Concrètement, le litre vendu aujourd'hui a souvent été approvisionné une à deux semaines plus tôt. Ce décalage explique qu'une chute des cours mette toujours quelques jours à se ressentir à la pompe — exactement comme les hausses, qui ont mis le même temps à se propager.

Où en sont les prix aujourd'hui

Le mouvement est en réalité déjà engagé. Sur notre relevé du 15 juin (17h09), le prix moyen du gazole ressort à 1,980 €/L, contre 2,030 €/L le 9 juin : cinq centimes de moins en une semaine, le litre étant repassé sous la barre symbolique des 2 euros ce week-end. L'écart entre stations reste toutefois considérable — de 1,850 €/L à 2,513 €/L selon les près de 3 800 enseignes ayant remonté un prix aujourd'hui —, d'où tout l'intérêt de comparer avant de faire le plein.

 

Pour suivre ce mouvement au plus près, gardez un œil sur l'évolution du cours du Brent et sur nos relevés quotidiens via le  baromètre des carburants, et gardez un œil sur nos statistiques des prix en France pour repérer le bon moment et la station la moins chère.

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