Le nouveau gouvernement hongrois, dirigé par Péter Magyar, a annoncé le 17 juin 2026 la suppression progressive du plafonnement des prix du carburant. Ce dispositif, hérité de l’ère Viktor Orbán, faisait de la Hongrie l’un des pays où faire le plein était le moins cher d’Europe.
Une mesure héritée de l’ère Orbán
Le plafonnement avait été (ré)instauré en mars 2026 par Viktor Orbán, alors Premier ministre, afin de protéger les automobilistes hongrois face à la flambée des cours du pétrole provoquée par les tensions géopolitiques. Annoncée directement sur les réseaux sociaux, la mesure fixait un prix maximal à la pompe pour l’essence et le diesel, dans la lignée d’un premier dispositif déjà expérimenté entre fin 2021 et 2022. Ce mécanisme avait fait de la Hongrie une exception sur la carte des prix du carburant en Europe, avec des tarifs nettement inférieurs à ceux de ses voisins.
Pourquoi le gouvernement Magyar y met fin
Arrivé au pouvoir après la large victoire de son parti Tisza aux législatives d’avril 2026 et sa prestation de serment le 9 mai, Péter Magyar a fait de la fin du plafonnement l’un de ses premiers chantiers économiques. Plusieurs arguments ont pesé dans la balance. Le gouverneur de la banque centrale hongroise estimait que les plafonds de prix avaient alimenté l’inflation, en poussant les commerçants à se rattraper sur d’autres biens. Le dispositif provoquait par ailleurs des pénuries : les distributeurs, peu rémunérés sur les carburants plafonnés, rechignaient à les écouler, déclenchant des files d’attente et des achats de panique. Enfin, la double tarification réservant le tarif plafonné aux seuls véhicules immatriculés en Hongrie était complexe à contrôler et alimentait un tourisme du carburant aux frontières.
Ce que cela change pour les automobilistes
La levée du plafond, étalée dans le temps pour éviter un nouveau choc à la pompe, devrait rapprocher les prix hongrois de ceux du marché libre. La Hongrie restera toutefois compétitive à l’échelle régionale, ses tarifs demeurant souvent inférieurs à ceux pratiqués en Autriche, en Allemagne ou en France. Comme partout en Europe, l’évolution future dépendra surtout des cours du baril de Brent et de la fiscalité nationale, deux leviers qui pèsent bien davantage, sur la durée, que les mesures de blocage temporaire des prix.
Pourquoi la Hongrie supprime-t-elle le plafonnement des prix du carburant ?
Le gouvernement de Péter Magyar invoque les effets pervers du dispositif : pénuries récurrentes dans les stations-service, distorsion du marché et pression inflationniste. Le gouverneur de la banque centrale hongroise avait estimé que les plafonnements de prix avaient ajouté trois à quatre points de pourcentage à l’inflation.
Quand le plafonnement avait-il été mis en place ?
Viktor Orbán, alors Premier ministre, avait (ré)instauré le plafonnement des prix de l’essence et du diesel en mars 2026, pour amortir la hausse des cours du pétrole liée aux tensions géopolitiques. La Hongrie avait déjà expérimenté un dispositif similaire entre fin 2021 et 2022.
Les prix à la pompe vont-ils augmenter en Hongrie ?
La suppression du plafond étant progressive, les prix devraient converger vers ceux du marché libre. La Hongrie restait l’un des pays les moins chers d’Europe sous plafonnement ; la fin du dispositif rapproche ses tarifs de la moyenne régionale, tout en restant souvent inférieurs à ceux de l’Autriche ou de l’Allemagne voisines.
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