Le prix du carburant aux États-Unis connaît une hausse rapide à la pompe. Selon les chiffres de l’AAA, le prix moyen national de l’essence a progressé de 27 cents en une semaine, après avoir reculé pendant près de deux semaines. Le 30 avril 2026, la moyenne nationale atteignait 4,3 dollars par gallon, contre 4,031 dollars une semaine plus tôt.
Cette hausse intervient dans un contexte de forte tension sur les marchés pétroliers. L’AAA indique que le prix moyen national est désormais 1,12 dollar plus élevé qu’un an auparavant. À la même période en 2025, le gallon d’essence était évalué à 3,183 dollars. En un mois, la progression reste également nette, puisque la moyenne nationale était de 3,990 dollars un mois avant la publication.
Dans un pays où les distances quotidiennes sont souvent importantes, une hausse de près de 30 cents par gallon peut rapidement peser sur le budget des ménages, notamment pour les conducteurs dépendants de leur véhicule pour se rendre au travail.
Le pétrole au-dessus de 100 dollars, principal moteur de la hausse
La flambée des prix à la pompe est liée à la hausse du pétrole brut. Les prix du pétrole ont dépassé, depuis la fin mars, les 100 dollars le baril, dans un contexte marqué par l’incertitude autour du détroit d’Hormuz. Cette zone stratégique concentre une part importante des flux pétroliers mondiaux. Toute perturbation réelle ou anticipée peut donc influencer fortement les cours.
Cette hausse du brut renchérit le coût de production et d’approvisionnement de l’essence. Même si le prix à la pompe dépend aussi du raffinage, de la distribution et de la fiscalité locale, le pétrole reste la matière première centrale du carburant. La tension est également visible dans les stocks. L’Energy Information Administration, citée par l’AAA, indique que les stocks américains de pétrole brut ont reculé de 6,2 millions de barils sur la semaine. Ils atteignent 459,5 millions de barils, soit environ 1 % au-dessus de la moyenne sur cinq ans pour cette période de l’année.
Demande en hausse et stocks d’essence en baisse
Les données hebdomadaires montrent également une progression de la demande d’essence. Selon l’EIA, la demande est passée de 9,05 millions de barils par jour à 9,10 millions de barils par jour. Cette augmentation reste limitée, mais elle intervient au moment où les stocks disponibles diminuent.
Les stocks domestiques d’essence sont passés de 228,4 millions de barils à 222,3 millions de barils. En parallèle, la production d’essence a diminué sur la semaine, avec une moyenne de 9,8 millions de barils par jour. Cette combinaison : demande en légère hausse, stocks en baisse et pétrole plus cher, explique la pression rapide sur les prix à la pompe.
Pour les marchés, cette configuration accentue la volatilité. Les distributeurs peuvent répercuter rapidement une hausse du brut, surtout lorsque les stocks se contractent. À l’inverse, une baisse du pétrole n’est pas toujours transmise immédiatement aux automobilistes, car les prix dépendent aussi des contrats d’approvisionnement, des coûts logistiques et des niveaux de concurrence locale.
Des écarts importants selon les États américains
La hausse nationale masque de fortes différences régionales. L’AAA classe la Californie parmi les marchés les plus chers, avec un prix moyen de 6,01 dollars par gallon. Elle est suivie par Hawaï à 5,64 dollars, Washington à 5,57 dollars, l’Oregon à 5,15 dollars et le Nevada à 5,12 dollars.
À l’autre extrémité, les prix les plus bas sont relevés notamment dans l’Oklahoma, à 3,70 dollars par gallon, puis au Kansas et en Géorgie, tous deux à 3,75 dollars. Le Mississippi affiche 3,77 dollars, tandis que l’Arkansas est à 3,79 dollars.
Ces écarts s’expliquent par plusieurs facteurs : fiscalité locale, distance avec les raffineries, coûts de transport, normes environnementales propres à certains États et niveau de concurrence entre stations-service. Aux États-Unis, le prix de l’essence peut donc varier fortement d’un État à l’autre, même lorsque la tendance nationale est clairement orientée à la hausse.
Recharge électrique : une hausse plus limitée
L’AAA mentionne également l’évolution du coût de la recharge électrique publique. Le prix moyen national du kilowattheure dans les stations de recharge publiques a augmenté de 1 cent sur la semaine, pour atteindre 41 cents par kWh. Cette progression reste nettement plus modérée que celle observée sur l’essence.
Là encore, les écarts entre États sont importants. Les prix les plus élevés pour la recharge publique sont observés en Virginie-Occidentale avec 53 cents par kWh, à Hawaï avec 51 cents et en Alaska avec 50 cents. Les prix les plus bas sont relevés au Kansas avec 29 cents, au Missouri avec 31 cents et dans l’Utah avec 32 cents.
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