Diesel à +88 % au Liban : la guerre fait flamber la facture des carburants

Diesel à +88 % au Liban : la guerre fait flamber la facture des carburants

Le marché libanais des carburants traverse une nouvelle phase de tension. D'après les chiffres publiés par Ici Beyrouth le 4 avril 2026, le prix du bidon de diesel a bondi de 12,29 dollars depuis le début de l'année, soit une hausse de +88,09 %. Dans le même temps, le bidon d'essence a augmenté de 11,38 dollars, ce qui représente +76,02 %. Cette progression rapide des prix intervient dans un contexte déjà très difficile pour les ménages libanais, dont le budget reste fortement exposé aux variations des produits pétroliers.

Selon l'article, cette flambée s'explique à la fois par la hausse des prix mondiaux du Brent et par les retombées des tensions géopolitiques liées à la guerre USA-Iran. Le Liban, très dépendant de l'importation d'énergie, subit directement ces mouvements de marché. Dès qu'une hausse touche le pétrole brut ou les produits raffinés, l'impact se retrouve rapidement dans les tarifs payés par les consommateurs, les transporteurs et les entreprises.

Une accélération marquée depuis le déclenchement du conflit

Ici Beyrouth souligne que la hausse ne se limite pas à l'évolution observée depuis janvier. Depuis le déclenchement du conflit, les augmentations restent elles aussi très fortes. Le diesel a progressé de 10,65 dollars, soit +76,34 %, tandis que l'essence a gagné 6,12 dollars, ce qui correspond à +40,88 %. Ces chiffres montrent que la poussée des prix s'est nettement accélérée dans un laps de temps relativement court.

Cette évolution est particulièrement sensible pour le diesel. Au Liban, ce carburant conserve un rôle central dans l'activité quotidienne. Il ne sert pas seulement au transport routier. Il est aussi utilisé dans de nombreux groupes électrogènes privés, très présents dans le pays. Quand le diesel augmente fortement, l'effet dépasse donc largement le seul réservoir des automobilistes. Il touche aussi le coût de l'électricité de secours, les dépenses des commerces et les charges de nombreuses activités professionnelles.

Pour les ménages, la pression devient double. D'un côté, le poste carburant augmente pour les déplacements. De l'autre, le renchérissement du diesel alourdit indirectement d'autres dépenses du quotidien. C'est ce mécanisme qui explique pourquoi une hausse du pétrole ou du gazole peut rapidement se diffuser à l'ensemble de l'économie réelle.

Une accise supplémentaire sur le diesel de 20 litres

À cette hausse liée au marché mondial s'ajoute une mesure fiscale nationale. L'article précise qu'un droit d'accise de 3,35 dollars par bidon de 20 litres a été instauré par le Conseil des ministres le 17 février 2026. Cette mesure a été mise en place pour financer les allocations sociales des militaires actifs et à la retraite. Elle vient donc renforcer la hausse finale payée par les consommateurs.

Dans un pays où le diesel pèse déjà lourd dans les dépenses courantes, une accise supplémentaire de cette ampleur accentue mécaniquement la pression. Les secteurs dépendants du transport ou des générateurs se retrouvent particulièrement exposés. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles la hausse des carburants devient un sujet économique plus large, et non un simple indicateur énergétique.

Perspectives macroéconomiques pour 2026 restent très dégradées. Les prévisions citées tablent sur une contraction du PIB comprise entre -7 % et -10 %. Dans ce cadre, l'envolée des prix des carburants arrive au pire moment. Elle renforce les fragilités existantes au lieu de les atténuer.

 

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