Face à la hausse rapide du prix du pétrole sur les marchés internationaux, la Serbie a annoncé une série de mesures destinées à protéger les automobilistes et l’économie nationale. Le gouvernement a décidé de réduire de 20 % les accises sur les carburants et de plafonner temporairement les prix à la pompe, afin d’amortir l’impact de la flambée du brut liée aux tensions au Moyen-Orient.
Cette décision intervient dans un contexte de forte volatilité énergétique, marqué par une hausse brutale du baril de pétrole depuis le début du conflit dans la région.
Une baisse de 20 % des taxes sur les carburants
Le ministère serbe de l’Énergie a confirmé que les accises appliquées aux carburants seraient réduites de 20 %, une mesure exceptionnelle destinée à contenir la hausse des prix pour les consommateurs.
La ministre de l’Énergie, Dubravka Djedovic Handanovic, a précisé que cette décision visait à soutenir à la fois les ménages et les entreprises :
« Nous avons réduit les accises de 20 % et nous continuerons à protéger les citoyens et l’économie », a-t-elle déclaré dans un communiqué officiel.
Selon les informations de la télévision publique RTS, cette baisse fiscale devrait rester en vigueur jusqu’au 15 avril, même si la durée exacte n’a pas été détaillée dans le communiqué gouvernemental.
Dans le détail, la taxe spécifique sur le gasoil passe de 74,04 dinars (environ 0,63 €) à 59,23 dinars (environ 0,50 €) par litre.
Cette réduction vise à limiter la transmission de la hausse du pétrole aux prix payés par les automobilistes.
Un plafonnement des prix à la pompe
En parallèle de la baisse des taxes, les autorités serbes ont instauré un plafonnement temporaire des prix des carburants.
Le prix maximal du gasoil est désormais fixé à 208 dinars par litre, soit environ 1,77 €.
Pour l’essence, le plafond est fixé à 186 dinars par litre, soit environ 1,58 €.
Avant cette intervention gouvernementale, le gasoil dépassait 226 dinars par litre (1,92 €) dans certaines stations-service.
Le plafonnement est toutefois prévu pour une durée limitée d’une semaine, l’objectif étant de stabiliser rapidement le marché intérieur.
Suspension des exportations de pétrole
Afin de sécuriser l’approvisionnement national en carburant, la Serbie a également décidé d’interdire temporairement l’exportation de pétrole et de produits pétroliers.
Cette mesure restera en vigueur jusqu’au 19 mars, afin de préserver les stocks disponibles sur le territoire et d’éviter une tension supplémentaire sur les prix.
Une flambée des prix du pétrole sur les marchés mondiaux
Les décisions du gouvernement serbe s’inscrivent dans un contexte international marqué par une hausse rapide des cours du pétrole.
Depuis le début des tensions au Moyen-Orient, le 28 février, les marchés pétroliers ont enregistré une forte progression. Le baril de Brent, référence mondiale du pétrole brut, a dépassé les 100 dollars, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis août 2022.
Après une hausse de près de 10 % en une seule journée, le Brent s’échangeait encore autour de 99,82 dollars vendredi vers 11h00 GMT.
Cette tension sur les prix s’explique notamment par les perturbations potentielles du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, une voie stratégique par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Une stratégie déjà utilisée par plusieurs pays
La réduction des taxes sur les carburants et le plafonnement des prix à la pompe font partie des outils régulièrement utilisés par les États pour limiter l’impact des crises énergétiques sur les consommateurs.
Ces mécanismes permettent d’agir rapidement sur les prix payés par les automobilistes, même si leur efficacité dépend souvent de la durée des tensions sur le marché pétrolier.
Pour suivre l’évolution des prix du carburant et les écarts entre pays européens, il est possible de consulter les données mises à jour sur prix-carburant.eu, qui analyse les variations de prix des carburants en Europe, les opérations prix coutant et les politiques énergétiques influençant le coût du carburant.
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