Le contrôle routier alcool en France obéit à une procédure claire, mais qui reste souvent mal connue du grand public. Beaucoup de conducteurs savent qu’ils peuvent être contrôlés, sans toujours savoir dans quel cadre, avec quel type d’appareil, ni quelles conséquences suivent un résultat positif. Pourtant, comprendre le déroulement du contrôle aide à mesurer les risques.
Les forces de l’ordre peuvent procéder à un contrôle d’alcoolémie dans plusieurs situations. Il peut s’agir d’un contrôle préventif organisé sur la voie publique, d’une opération renforcée lors des périodes festives, d’un dépistage après une infraction ou d’une intervention à la suite d’un accident. Le conducteur n’a donc pas besoin d’adopter un comportement manifestement dangereux pour être soumis au test. Le cadre légal permet un dépistage large, précisément pour renforcer la prévention.
Éthylotest puis éthylomètre : quelle différence ?
Le contrôle commence le plus souvent par un éthylotest, qui sert au dépistage. Si le résultat est négatif, la procédure s’arrête généralement là. Si le résultat est positif ou douteux, les forces de l’ordre procèdent ensuite à une vérification avec un éthylomètre. C’est cet appareil qui permet de mesurer précisément l’alcool dans l’air expiré et qui sert de base à la procédure.
Dans certains dossiers, une prise de sang peut aussi être réalisée, notamment selon les circonstances du contrôle ou de l’accident. Le principe à retenir est simple : ce qui fait foi, ce n’est pas ce que le conducteur pense avoir bu, ni le temps qu’il dit avoir attendu, mais le résultat de la mesure officielle.
Pourquoi le ressenti est trompeur au moment du contrôle
De nombreux conducteurs contrôlés positifs déclarent ne pas se sentir ivres. Cela ne prouve rien. L’alcool agit sur les réflexes, l’attention et la perception avant même de provoquer une sensation d’ivresse évidente. En outre, l’alcoolémie peut encore monter après la fin de la consommation. Une personne peut donc quitter une soirée en croyant être “redescendue” alors que le niveau mesuré au contrôle atteint ou dépasse le seuil légal.
Le contrôle routier a justement pour fonction de neutraliser ce biais d’auto-évaluation. En matière d’alcool au volant, la subjectivité du conducteur n’a pas de valeur protectrice. C’est pourquoi la prévention insiste autant sur l’anticipation du retour et sur l’abstention de conduite lorsqu’un doute subsiste.
Que se passe-t-il en cas de résultat positif ?
Les conséquences dépendent du taux relevé. Entre 0,5 g/l et 0,8 g/l de sang, le conducteur s’expose à une contravention, à une amende, à un retrait de 6 points et à une suspension possible. À partir de 0,8 g/l, il s’agit d’un délit, avec des peines beaucoup plus lourdes : amende pouvant atteindre 4 500 euros, suspension ou annulation du permis, immobilisation du véhicule et jusqu’à 2 ans d’emprisonnement.
Le refus de vérification est une très mauvaise stratégie. Juridiquement, il s’agit d’une infraction grave, elle aussi lourdement sanctionnée. Refuser de souffler n’éteint pas la procédure. Cela expose au contraire à des peines comparables à celles d’un délit d’alcool au volant. Le conducteur ne “gagne” rien en refusant ; il alourdit son dossier.
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